La sous-préfecture de Bangouya, composée de plus de 22 districts et située à environ 45 kilomètres de Kindia, ne dispose que d’un seul et unique commissariat, construit depuis l’époque de la révolution. Depuis sa mise en service, cette infrastructure n’a jamais connu de rénovation, malgré la succession des maires à la tête de la commune.
Aujourd’hui, le commissariat se trouve dans un état de dégradation avancée. La toiture est complètement décoiffée, les murs sont délabrés et les locaux sont envahis par des serpents et autres reptiles. Le commissaire lui-même aurait été contraint d’abandonner son bureau à cause de ces reptiles, transformant le bâtiment en un véritable danger pour les agents et les populations.
La structure, censée comprendre une prison, un bureau et une salle d’attente, est pratiquement inutilisable. Il n’existe plus de cellule de détention fonctionnelle et les malfrats interpellés ne peuvent être gardés sur place. Une situation aggravée par un drame survenu par le passé, lorsqu’un détenu aurait été mortellement mordu par un serpent.
Ce mardi 16 décembre 2025, la rédaction d’avenirguinee.org s’est rendue sur les lieux pour s’enquérir de l’état réel de ce commissariat et rencontrer le président de la délégation spéciale de la commune urbaine de Bangouya.
Interrogé, Elhadj Mamadou Kindia Camara, président de la délégation spéciale, est revenu sur la genèse et l’état actuel du bâtiment.
« Ici, nous sommes devant le premier et unique commissariat de la commune urbaine de Bangouya, qui compte plus de 22 districts et secteurs. Mais franchement, l’état de ce commissariat aujourd’hui, on ne peut même pas l’expliquer, les images parlent d’elles-mêmes. Je regrette même de m’arrêter devant comme ça. Depuis sa construction, au temps de la révolution, ce bâtiment n’a jamais connu une seule rénovation. Il est dans cet état par manque de moyens financiers. Pourtant, il a été construit depuis le temps colonial par l’investissement humain », a-t-il expliqué.
Poursuivant, il a rappelé les risques encourus par les détenus et l’impossibilité actuelle de les garder dans ce local.
« La dernière fois, ils ont gardé quelqu’un à l’intérieur, un serpent l’a mordu et il est décédé. Depuis lors, on ne met plus personne dedans. Actuellement, on n’a pas où garder quelqu’un, même en cas d’infraction, parce qu’il n’y a pas de place. Ici est devenu une habitation pour les serpents. Il a fallu qu’on construise une annexe d’une seule chambre qu’on a construite pour loger le commissaire, en attendant les moyens pour construire un vrai commissariat pour Bangouya. Mais je regrette quand même que la sous-préfecture la plus grande après Kamsar n’ait pas de commissariat digne de ce nom », a-t-il déploré.
Elhadj Mamadou Kindia Camara a également indiqué avoir engagé des démarches administratives pour la réhabilitation ou la reconstruction de l’infrastructure.
« À mon arrivée, j’ai fait le plan de ce bâtiment et je l’ai déposé au niveau du commissariat central, qui l’a transmis à la hiérarchie. Nous sommes actuellement en attente », a-t-il précisé.
Enfin, le président de la délégation spéciale a lancé un appel pressant aux autorités compétentes.
« Nous demandons aux autorités de la police et de la protection civile de nous aider à avoir un autre commissariat digne du nom. Hormis Kamsar, Bangouya est la plus grande CRD. Un seul commissariat pour près de 99 000 habitants, ce n’est pas normal », a-t-il lancé.

Cette situation soulève de nombreuses interrogations au sein de la population, notamment sur la gestion passée de la commune et l’utilisation des ressources publiques par les différentes équipes municipales qui se sont succédé. Une question à laquelle notre rédaction promet de revenir.
Depuis Bangouya, Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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