Le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a officiellement lancé, ce samedi 29 novembre 2025, le processus d’obtention des permis de conduire des catégories A et A1, destinés aux conducteurs de motos. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la **réforme de la sécurité routière en Guinée.
Depuis plusieurs années, le pays fait face à une forte recrudescence d’accidents impliquant des motos, devenues incontournables dans les grandes villes. Pour les autorités, il était temps de professionnaliser un secteur en pleine expansion mais encore largement informel.
À Kindia, l’annonce de ce nouveau permis suscite des réactions diverses chez les taxi-motos. Entre espoir, doutes et inquiétudes, chacun mesure les conséquences de cette réforme sur son avenir professionnel.
Rencontré par la rédaction d’Avenirguinee, Mohamed Komoro, chef du bureau régional du Transport terrestre de Kindia, détaille les étapes nécessaires pour obtenir le permis : « Oui, il y a eu le lancement du permis biométrique des motos de type A et A1 ce 29 novembre. Le processus a commencé à Conakry et va s’étendre à tout le pays. Pour Kindia, le démarrage est imminent, mais cela ne signifie pas que les contrôles commenceront aussitôt.
Il y aura un délai de moratoire pour permettre à chacun d’obtenir son permis.
Pour l’obtenir, vous devez d’abord vous présenter au bureau régional du Transport terrestre pour une évaluation. Après cette étape, la DNTT vous délivre un certificat qui vous permet ensuite de vous rendre chez Thomas Grec, la société agréée, pour établir le permis. »
Pour Moustapha Camara, taxi-maître depuis plusieurs années, la décision du ministère représente un progrès majeur : « C’est une bonne chose. Les accidents sont très fréquents, surtout à Kindia. L’État a pris une bonne décision. Ce permis va permettre de distinguer les vrais conducteurs des débrouillards. Il donnera plus de crédibilité à notre profession. »
Cependant, il reconnaît que beaucoup de collègues restent inquiets et appelle les autorités à mieux accompagner et sensibiliser les conducteurs sur les démarches à suivre.
Pour Mohamed Sylla, le montant annoncé 800 000 francs guinéens constitue un obstacle majeur : « On travaille toute la journée juste pour nourrir la famille. Si on doit encore payer près d’un million, comment va-t-on faire ? L’État doit tenir compte de notre réalité. On n’a pas choisi ce travail, mais on y est contraints. Cette somme est trop lourde pour nous. »*
Il redoute également que la réforme n’entraîne des abus lors des contrôles si les agents ne sont pas correctement encadrés.
De son côté, Daouda Keïta estime que le gouvernement doit s’assurer que les centres de formation sont opérationnels avant de rendre le permis obligatoire :
« Il faut vérifier que les centres de formation sont prêts et capables de bien former les conducteurs. Sans une bonne formation, cette réforme ne changera rien sur le terrain. »
À Kindia comme dans le reste du pays, la réforme du permis moto est accueillie avec un mélange d’espoir, de prudence et d’inquiétude.
Si la majorité reconnaît l’importance d’encadrer un secteur fortement exposé aux accidents, les questions liées au coût, à la formation, au calendrier d’application et au risque d’abus restent au centre des préoccupations.
Depuis Kindia, Naby Moussa Sylla pour Avenirguinee.org



