Ce mercredi 3 décembre est célébrée la Journée internationale des personnes en situation de handicap. En Guinée, c’est le ministère de la Promotion féminine et des Personnes vulnérables qui organise les activités officielles, sous le thème : « Promouvoir des sociétés inclusives pour les personnes en situation de handicap afin de favoriser le progrès social ».
À cette occasion, un journaliste d’avenirguinee.org a rencontré le journaliste Aboubacar Sanso Barry, avec qui il a échangé sur plusieurs sujets, notamment la situation des personnes handicapées contraintes à la mendicité.
« Je pense que cette journée permet de rappeler les défis auxquels les personnes handicapées sont confrontées. C’est aussi une occasion de sensibiliser la société à ces défis. Le handicap est certes une faiblesse ou une affection, mais les conséquences qui en découlent sont souvent liées au comportement et à l’attitude de la société.
L’aménagement de l’environnement, la perception que l’on a du handicap… tout cela influe sur leur intégration. À mon avis, le handicap se règle moins par la médecine que par le comportement de la société dans son ensemble. Une société sensibilisée permet une meilleure inclusion des personnes handicapées. »
Aboubacar Sanso Barry s’est également exprimé sur le lien souvent fait entre handicap et mendicité: « Beaucoup associent le handicap à la mendicité parce que, dans la rue, c’est souvent l’image la plus visible : des personnes handicapées en train de mendier. C’est pourquoi la célébration de cette année met en avant celles et ceux qui évoluent dans différents secteurs et qui réussissent, pour donner une autre image du handicap.
Il faut comprendre que la mendicité n’est pas une fatalité. Tout dépend, là encore, de l’attitude de la société, et cela commence par la famille. Si un enfant handicapé est scolarisé, il peut réussir. Si la société accepte de lui donner une chance, il peut trouver un emploi. À chaque niveau, la réaction de la société est déterminante. Si cela change, nous verrons de moins en moins de personnes handicapées dans la rue. »
Enfin, il a adressé un message aux personnes en situation de handicap et aux autorités : « Je pense que ce n’est pas à elles seules qu’il faut donner des conseils. Il faut un programme global, piloté par l’État, pour leur offrir des activités génératrices de revenus, des formations professionnelles, et pour sensibiliser les familles aux risques encourus dans la rue : maladies, intempéries, accidents…
Certes, les personnes handicapées ont une part de responsabilité, les familles aussi, mais cela ne peut pas se résoudre uniquement par des conseils. Il faut que le ministère en fasse une priorité. Ce ne sera pas réglé du jour au lendemain, mais progressivement, on peut avancer. Il faut également tenir compte de nos conceptions culturelles où la solidarité est parfois confondue avec l’assistanat, ce qui favorise la mendicité. Tous ces paramètres doivent être pris en compte pour un changement durable. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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