Dans le cadre de la lutte contre les violences numériques visant les femmes et les jeunes filles, le gouvernement, à travers le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, a lancé ce lundi 1er décembre 2025 la campagne des 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre. L’événement, placé sous le thème : « Pas d’excuses. Tous unis pour mettre fin aux violences numériques faites aux femmes et aux filles », a réuni activistes, défenseurs des droits des femmes et étudiants de l’Université Gamal Abdel Nasser.
La cérémonie a été présidée par la ministre Charlotte Daffé, en présence de plusieurs membres du gouvernement ainsi que des partenaires techniques et financiers.
Représentante du Système des Nations Unies, Mme Madalena Bertoloti a salué l’engagement du gouvernement guinéen dans la lutte contre les violences basées sur le genre.
« Ce cadre offre une opportunité unique pour des échanges constructifs afin de promouvoir un environnement numérique plus sûr pour les femmes et les filles. J’appelle chaque étudiant(e) à devenir acteur du changement : sensibilisez vos pairs, refusez la banalisation des discours sexistes en ligne et utilisez la technologie pour protéger les droits des femmes et des filles », a-t-elle déclaré.
Elle a rappelé que les violences numériques cyberharcèlement, diffusion non consentie d’images intimes, attaques sexistes, etc. connaissent une hausse inquiétante en Afrique de l’Ouest.
Évoquant les conséquences dramatiques de ces violences, elle a aussi rappelé des cas récents d’agressions envers des mineures, soulignant que : « Derrière chaque statistique se cachent des vies brisées. Ces violences fragilisent nos sociétés et appellent à une action urgente et concertée. »
Mme Bertoloti a réaffirmé l’engagement du Système des Nations Unies à soutenir le gouvernement dans la prévention, la protection des survivantes et le renforcement des institutions.
Procédant au lancement officiel de la campagne, la ministre Charlotte Daffé a souligné l’importance de cette mobilisation nationale.
« La violence n’a pas sa place dans une société qui aspire au progrès. Le thème de cette année reflète l’évolution des risques dans un monde connecté et l’urgence d’adapter nos réponses. »
Elle a dénoncé les formes récurrentes de violences numériques : « Les photos privées sont volées, les mensonges se propagent en quelques secondes, l’emplacement d’une femme est traqué… L’intelligence artificielle sert parfois à créer des images manipulées pour humilier et réduire les femmes au silence. »
La ministre a rappelé les engagements de la Guinée : ratification de la CEDEF, adhésion à la Déclaration de l’ONU de 1993, et protections constitutionnelles renforcées.
Elle a ensuite insisté sur la responsabilité collective : « La lutte contre les violences faites aux femmes ne relève pas d’un seul ministère. Elle engage l’État, les familles, les communautés, les médias, le secteur privé, les hommes, les femmes et surtout la jeunesse. »
Plusieurs activités sont prévues durant ces 16 jours :
* panels de sensibilisation,
* formations sur la sécurité numérique,
* discussions universitaires,
* campagnes médiatiques,
* actions communautaires de prévention.
Charlotte Daffé a conclu : « Ces 16 jours et au-delà sont un appel à l’engagement permanent. La violence se nourrit du silence, mais la justice naît du courage collectif. Construisons une Guinée où chaque femme est respectée, protégée et valorisée. »
La cérémonie s’est achevée par un panel animé par des activistes de la société civile.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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