Depuis ce vendredi 6 novembre 2025, rien ne va plus entre les travailleurs de la Société des Eaux de Guinée (SEG) et leur direction générale. Les employés dénoncent ce qu’ils qualifient d’injustice, de trahison et de magouilles au sein de cette structure chargée de fournir de l’eau potable à la population guinéenne.
Ils accusent également la direction de refuser la mise en place d’un syndicat pour défendre leurs droits, tout en s’octroyant des salaires exorbitants, alors que les agents de terrain, eux, peinent à joindre les deux bouts.
C’est pourquoi, dès les premières heures de ce vendredi, les travailleurs se sont regroupés dans un espace public pour dénoncer cette injustice et attirer l’attention du Président de la République sur leur situation, avant d’envisager, dans les prochains jours, une grève illimitée sur tout le territoire national.

Selon leur porte-parole, Mamadouba Camara, la colère des travailleurs trouve son origine dans plusieurs faits : « Depuis mars 2025, le mandat du bureau syndical de la SEG est arrivé à expiration. Conformément aux dispositions légales, le Secrétaire général de la CNTG a, à plusieurs reprises, saisi la Direction générale afin de permettre l’organisation des élections syndicales.
Cependant, malgré quatre correspondances officielles dont la dernière en date du 28 octobre 2025 aucune suite n’a été donnée, et le processus démocratique interne demeure bloqué.
Par ailleurs, une augmentation salariale exceptionnelle de 120 % a été accordée en mai 2022 au Directeur général, à ses adjoints et à certains directeurs centraux et opérationnels, soit environ 22 personnes.
Pendant ce temps, plus de 680 travailleurs sur le terrain des sous-directeurs aux agents d’exécution n’ont bénéficié d’aucune revalorisation salariale.
Cette situation crée une inégalité profonde, une frustration croissante et un sentiment de marginalisation, alors même que ce sont ces travailleurs qui assurent quotidiennement la continuité du service public de l’eau, un secteur vital pour la Nation. »
Poursuivant, il a interpellé le Chef de l’État : « Excellence Monsieur le Président de la République, Général Mamadi Doumbouya,
notre démarche n’est pas une volonté de confrontation, ni une tentative de perturber l’accès à l’eau potable de nos concitoyens.
Elle vise au contraire à préserver la paix sociale, le respect des droits et la dignité du travail.
Ainsi, nous sollicitons de votre haute autorité :
• L’organisation des élections syndicales, sous la supervision des institutions compétentes et conformément aux textes en vigueur ;
• La révision équitable de la politique salariale, afin de garantir une répartition juste et harmonieuse des avantages au sein de tout le personnel ;
• L’ouverture d’un dialogue social constructif, franc et responsable entre la Direction générale, la CNTG et les représentants légitimes des travailleurs.
Nous restons convaincus qu’avec votre leadership fondé sur la justice, l’équité et la refondation de l’État, cette situation trouvera une issue durable et honorable pour tous. »
Enfin, les travailleurs préviennent : « Si rien n’est fait dans les prochains jours, nous déclencherons une grève illimitée sur toute l’étendue du territoire national. »
Ibrahima Sory Camara, pour avenirguinee.org
621 26 99 81



