Une vidéo devenue virale sur le réseau social Facebook montre un jeune écolier en difficulté face à une question posée en français par ses enseignants. L’enfant, manifestement peu familiarisé avec cette langue, peine à comprendre, ce qui a suscité moqueries et commentaires sur la toile.
Si certains internautes ont trouvé la scène amusante, du côté du ministère de l’Enseignement Pré-Universitaire et de l’Alphabétisation (MEPUA), la réaction est tout autre. Le porte-parole de ce département , Mohamed Ansa Diawara, au cours d’une interview ce mardi 28 octobre 2025 à AvenirGuinee, a tenu à rappeler le sens pédagogique de cette situation et à condamner l’attitude des encadrants.
« Je ne suis pas du tout surpris de cette vidéo, je la vois d’un œil d’éducateur. Les enfants, surtout dans les zones rurales, qui n’ont pas accès aux écoles maternelles comme leurs camarades des villes, viennent directement de familles où l’on ne parle que les langues nationales. Ce que certains publient en se moquant n’a rien de ridicule. Ce n’est pas rigolo. Notre ministère encourage justement l’utilisation des langues nationales dans les classes pour permettre la compréhension des élèves qui viennent d’arriver fraîchement de familles où on ne parle que la langue du terroir », a-t-il expliqué.
Abordant dans le même sens, le responsable du MEPUA a mis en avant l’importance de la langue maternelle dans le développement cognitif des enfants.
« Nos enfants qui viennent directement de nos familles, sans passer par une école maternelle, évidemment, vous voulez qu’ils parlent quelle langue ? Ils ne parleront que la langue de leur terroir. Parler la langue nationale dans les écoles permet de développer le facteur cognitif des enfants et facilite la compréhension des leçons qui seront plus tard dispensées en langues étrangères », a précisé M. Diawara.
Revenant sur le comportement des deux enseignants apparaissant dans la vidéo, il a déploré leur manque de pédagogie : « Ce n’est pas bon pour ces maîtres qui se sont fait filmer de la sorte, car pour nous, ils ne sont pas pédagogues. Se moquer d’un enfant parce qu’il parle sa langue maternelle n’est pas un acte éducatif. L’enseignant doit utiliser les deux langues pour amener l’élève à comprendre, et lui faire découvrir la différence entre la langue maternelle et celle d’enseignement. Ils n’avaient pas besoin d’extrapoler. Cela pourrait même leur être préjudiciable », a-t-il conclu.
Pour prévenir de telles situations, le MEPUA rappelle qu’il dispose déjà de 546 classes maternelles ou préscolaires à travers le territoire national, afin de préparer les enfants à l’apprentissage du français et des langues étrangères.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



