Un nouveau drame vient une fois encore endeuiller les villages environnants du barrage de Souapiti.(Image d’archive)
Un jeune homme a perdu la vie dans des circonstances tragiques et encore inexpliquées ce vendredi. Il s’agit d’Amadou Sylla, âgé de 28 ans, fils de Fodé Sylla et de Djenaba Camara, originaire de Koba, dans le district de Kansa, sous-préfecture de Bangouya (préfecture de Kindia).
Le jeune homme avait quitté les siens dans la matinée du vendredi 24 octobre 2025, entre 8h30 et 9h, après avoir travaillé dans le champ familial d’arachides. Il se rendait à Souroun, sans se douter que ce serait son dernier voyage. Son corps a été repêché dans les eaux du barrage le samedi 25 octobre 2025, vers 8h du matin, plongeant sa famille et toute la communauté dans une profonde consternation.
Cette nouvelle tragédie ravive les douloureux souvenirs du drame survenu en 2021 à Kouria, où cinq membres d’une même famille avaient péri dans les mêmes eaux.
Face à la répétition de ces drames, Alseny Diallo, secrétaire de l’Union des Impactés du barrage de Souapiti a exprimé sa profonde indignation : « Nous ne pouvons plus rester silencieux face à ces morts à répétition. Chaque noyade est une vie arrachée, une famille brisée. Il est temps que l’État prenne ses responsabilités et garantisse la sécurité des populations autour du lac. »
De son côté, Conté Mouhamed Lamine, président de l’ONG Union des Impactés de Souapiti, que nous avons contacté, exige la lumière sur ce nouveau drame : « Nous exigeons la vérité sur ces morts. Les populations ont été déplacées, dépossédées, et aujourd’hui elles meurent encore à cause d’un manque total de moyens de sécurité. L’État doit agir, et vite, avant qu’une nouvelle tragédie ne vienne endeuiller d’autres familles. »
Les habitants des villages environnants du lac appellent le gouvernement à mettre en place des moyens de traversée sécurisés, à former des équipes de secours et à assurer une surveillance permanente du lac. Ils réclament également des infrastructures adaptées et une indemnisation équitable pour les familles déjà touchées par ces drames. « Ce nouveau décès ne doit pas rester un simple fait divers. Il doit être le déclencheur d’une prise de conscience nationale sur les conséquences humaines du barrage de Souapiti », martèle un habitant du district de Kansa.
Autrefois symbole d’espoir pour le développement énergétique de la Guinée, le barrage de Souapitiest aujourd’hui devenu, pour de nombreuses familles riveraines, un lieu de larmes et de désolation. La mort tragique d’Amadou Sylla s’ajoute à une liste déjà trop longue, rappelant l’urgence d’une action concrète des autorités.
Ibrahima Sory Camara pour Avenirguinee.org
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