Ce jeudi 23 octobre 2025, la rédaction d’Avenirguinee est allée à la rencontre d’Ivonne Mara, actuelle entraîneure du Horoya AC Féminin de Ligue 1 Pro. En pleine préparation en vue de la saison sportive 2025-2026, Ivonne s’est prêtée à nos questions au stade de Coléah, pour évoquer notamment sa reconversion en tant qu’entraîneure après sa carrière de footballeuse.
Ancienne joueuse, Ivonne a débuté en ces termes à propos de son aventure d’entraîneure :
« Le football, c’est bien ma passion. Je ne connais aucun autre métier dans ma vie si ce n’est le football. C’est ainsi que l’idée est venue. Quand j’étais à la fin de ma carrière, j’ai voulu me reconvertir en entraîneure pour ne pas oublier ou laisser mon rêve, qui était d’aller très loin dans le domaine du football. Le destin en a décidé autrement, parce que chaque personne a son destin. Mais j’ai choisi de rester dans ce métier d’entraîneure. Ce que je n’ai pas eu en tant que joueuse, peut-être je peux l’avoir en tant que coach. », a-t-elle révélé.
Interrogée sur son parcours, Ivonne Mara a expliqué :
« Je n’ai pas eu un long parcours. Parce qu’en Guinée, il faut te battre, te lever tôt pour être connu. Quand je jouais, j’étais une joueuse très talentueuse, mais il n’y avait pas de soutien. Et dans la famille, ailleurs aussi, je n’avais pas de soutien du tout. Ma carrière a commencé à Kissidougou. Je suis revenue à Conakry dans le FC Lalaba, transformé plus tard en Horoya AC. Je suis allée à Bamako pour tenter ma chance, j’y suis restée sept ans. Ensuite, je suis allée au Burkina Faso, j’ai passé un essai au Maroc, ça n’a pas marché. C’est ainsi que je suis revenue en Guinée. », martèle Ivonne Mara.
Sur les difficultés, la coach du Horoya AC dira :
« Pas de difficultés au sein du club. Nous avons du matériel, tout vraiment à notre disposition. Le président a mis à notre disposition le terrain de Yorokoguiya. Mais avec la reprise des écoles, ce n’est pas facile de prendre les enfants pour aller les entraîner là-bas. C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de rester à Conakry. On s’entraîne quatre fois par jour. Dans la semaine aussi, lorsqu’on s’entraîne quatre fois par jour, c’est un atout pour l’équipe. », précise-t-elle.
Entre foyer et profession, Ivonne Mara s’est exprimée sans réserve malgré les obligations familiales :
« C’est ma première saison en tant qu’entraîneure du Horoya. J’ai été entraîneure dans d’autres clubs, comme le SOAR Académie (entraîneure assistante), Étoile de Guinée (entraîneure assistante) et Séquence (entraîneure assistante). Côté dames, j’étais joueuse jusqu’en 2022 pour le Horoya. Avec les équipes nationales, en 2022 et 2025, j’étais avec les U20 comme préparatrice physique. », déclare la coach du Horoya.
Sur la même lancée, Ivonne estime qu’elle parvient à s’en sortir :
« Ce n’est pas facile. Mais dans la vie, la planification compte beaucoup. Pour une bonne organisation d’une personne ou de ta vie, il faut t’organiser, il faut t’adapter. Et un entraîneur, c’est la flexibilité. C’est comme ça que je fonctionne aussi. J’ai ma petite sœur qui s’occupe de mon fils. Moi, je gère tout ce qui est financement. », dira-t-elle.
S’agissant des joueuses, alors qu’elles ont des obligations, Ivonne Mara répond avec satisfaction :
« C’est très facile pour moi. Parce qu’il faut prioriser vraiment l’avenir des joueuses, c’est-à-dire leurs activités. Et comme on s’entraîne à 16h, elles peuvent aller à leurs activités du matin jusqu’à 15h30 avant de venir à notre séance d’entraînement. Il faut mettre les activités des joueuses en avant, tout en les conseillant de ne pas abandonner ce qu’elles font. Parce qu’en Guinée, une dame n’a pas une longue carrière dans le football. Il ne faudrait pas abandonner vos activités au profit du foot, c’est un biscuit, on ne sait où il va se casser. », a mentionné Mara.
Ivonne Mara, passionnée de son métier, a profité de l’entretien pour inviter les jeunes filles en ces mots :
« Elles n’ont qu’à venir. Dans toute activité, il faut avoir le cœur et l’amour de ce que tu pratiques. Quand tu aimes quelque chose, il ne faut jamais aimer à moitié. J’ai aimé le coaching, je dois tout mettre pour faire ressortir mes valeurs et montrer aux gens que je n’ai pas choisi ce métier par hasard. Elles n’ont qu’à venir s’entraîner en tant que passionnées du football et laisser Dieu s’occuper du reste. », a-t-elle conclu.
Alsény Savané pour Avenirguinee.org
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