C’est devenu une habitude chez certains artistes guinéens d’organiser la lecture du Saint Coran à la veille de leurs concerts, dans le but d’implorer Dieu pour la réussite de l’événement. Mais qu’en dit l’islam ? Cette pratique est-elle permise ou pas ?
Pour en savoir davantage, AvenirGuinée.org a interviewé ce samedi l’Imam Mohamed Mansour Fadiga, qui a accepté de livrer son point de vue sur le sujet.
D’entrée, il a rappelé que le Saint Coran est un livre sacré, à travers lequel les fidèles recherchent la bénédiction d’Allah. Sa lecture est souvent réservée à des causes nobles, en harmonie avec les valeurs et les enseignements de l’islam.
« Le Coran est un livre saint dont, par sa lecture, nous pouvons implorer le Créateur pour obtenir sa bénédiction. Mais il faut savoir à quelle occasion le faire. C’est vrai que les artistes recherchent la bénédiction d’Allah, mais la manière n’est pas bonne. On ne peut pas organiser une lecture du Saint Coran pour un concert où l’on enseigne la dépravation des mœurs ou où les femmes se présentent à moitié dévêtues. Ces valeurs ne cheminent pas avec celles du Coran », a déclaré l’imam Fadiga.
Le religieux précise toutefois que si la démarche vise une cause noble, elle peut être comprise.
« Si c’est pour la quiétude sociale, pour donner de bons conseils ou pour promouvoir des musiques éducatives, il n’y a pas de problème. Dans ce cas, chercher la bénédiction d’Allah devient une bonne cause », a-t-il ajouté.
En conclusion, l’imam Mansour Fadiga a tenu à adresser un message clair aux artistes guinéens : « Ce comportement n’est pas bon. Mon conseil aux musiciens est de mettre leur art au service de l’émancipation de la culture guinéenne, de l’éducation et de la quiétude sociale. Tout peut disparaître, sauf les bonnes œuvres », a-t-il conclu.
Sona Sylla pour AvenirGuinée.org



