Depuis très tôt ce mardi 14 octobre 2025, les travailleurs de la Société Compagnie de Bauxite de Kindia (CBK) ont manifesté pour dénoncer leurs conditions de travail qu’ils jugent misérables. Plus de 200 employés ont d’abord défilé dans la cour de la société, située à Simbaya, dans la commune de Matoto, pour exprimer leur ras-le-bol face à la vie difficile qu’ils mènent au sein de l’entreprise.
Parmi eux, Macan Traoré, chef des conducteurs de trains à la CBK, a pris la parole pour exposer la dure réalité vécue par les conducteurs. Dans son témoignage, il n’a pas mâché ses mots : « La condition de travail pour les conducteurs de trains est très misérable. Tous les travailleurs qui sont en train de crier, c’est un cri qui vient du fond du cœur. Car on travaille pour soi-même et pour son pays. Ici, les conducteurs de trains n’ont pas de repos. Ils sont traités, même la machine n’est pas traitée comme le conducteur de train est traité à la CBK. C’est-à-dire que les trains sont mieux entretenus que leurs conducteurs. Les machines sont carburées à tout moment, on met de l’huile dans les moteurs, on les contrôle constamment. Mais le conducteur à la CBK n’est pas pris en compte, il n’est pas traité. Même un esclave n’est pas traité comme un conducteur de la CBK. »
Macan Traoré a également évoqué des cas graves d’accidents de travail passés sous silence par la direction : « Nous avons des images sur nous qui sont insupportables. Il y a eu des pertes de vies humaines. Un de nos amis a perdu sa main droite dans un accident de train. Il a été abandonné par la société. Aujourd’hui, il est chez lui. C’était un jeune dynamique, prêt pour le travail, mais il a perdu sa main dans un accident à la CBK. »
Il insiste aussi sur le statut particulier que devrait avoir leur métier : « Partout dans le monde, le conducteur de train n’est pas égal à un chauffeur de poids lourd. Le conducteur de train, c’est un ouvrier qualifié, parfait, qui a un statut particulier. Mais ici, les heures supplémentaires ne sont même pas payées. Il y a des conducteurs ici dont les enfants ne les reconnaissent pas. Le conducteur peut sortir à 5 heures du matin, rentrer le lendemain à 3 heures, pendant que les enfants dorment, et repartir à 6 heures. Cela veut dire qu’il ne passe que deux heures de repos avec sa famille. Et malgré tout cela, nous avons des salaires misérables. »
Enfin, le chef conducteur dénonce le manque de prise en charge médicale : « Quand tu tombes malade, tu n’es pas pris en charge. On te donne seulement deux comprimés de paracétamol et deux d’ibuprofène. Rien d’autre. »
Face à cette situation, les travailleurs réclament le départ immédiat du directeur GAEVSKIY, qu’ils tiennent pour responsable de leurs conditions de travail dégradées.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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