Le mois d’octobre, mondialement connu sous le nom d’« Octobre Rose », est consacré à la lutte contre le cancer du sein et du col de l’utérus, mais aussi à la sensibilisation sur l’importance du dépistage précoce. Deux maladies aux causes et traitements différents, mais qui partagent un même impact dévastateur sur les vies et les familles.
Samedi 11 octobre, la rédaction d’Avenirguinee.org a recueilli l’avis d’une spécialiste en santé publique, ainsi que le témoignage émouvant d’une victime indirecte de cette maladie.
Interrogée sur la réalité du cancer, Dr Saran Magassouba, spécialiste en santé publique, a d’abord tenu à rassurer les malades : « Le cancer est une réalité, il existe bel et bien, mais ce n’est plus une fatalité comme avant », a-t-elle déclaré.
Poursuivant, la spécialiste a expliqué que le cancer peut avoir une origine héréditaire, et qu’il est donc important pour les familles concernées de se faire dépister régulièrement.
« Le processus du cancer, ou le mécanisme physiopathologique, est multiple et diversifié. Il peut être héréditaire. La transmission se fait d’une génération à une autre. Et dès que c’est le cas dans une famille, il faut s’y préparer psychologiquement, car on peut être prédisposé à en être atteint », a-t-elle précisé.
Concernant la détection, Dr Magassouba regrette que peu de personnes soient dépistées à temps : « Chez certaines, la maladie se manifeste très précocement, et ces personnes ont souvent de fortes chances de guérir. Sur 100 %, seules 20 % sont dépistées à temps. Les 80 % restants découvrent la maladie à un stade avancé. C’est donc un processus très complexe qui dépend de l’organisme de chacun », a-t-elle expliqué.
Parmi ceux que cette maladie a marqués à jamais figure Amadou Bah, fondateur de l’ONG Problèmes de santé publique et initiateur du projet « C’est pour nos mères et nos sœurs », dédié à la sensibilisation sur le cancer.
« Ma maman est morte de cette maladie. Cela m’a poussé à m’engager dans cette lutte », confie-t-il avec émotion.
Il raconte un souvenir particulièrement douloureux des derniers instants passés avec sa mère : « Je n’oublierai jamais le moment où je l’ai vue sans cheveux à son retour de Dakar, où elle était partie pour son traitement. À l’aéroport, elle se tenait en face de moi, chauve. Je me suis précipité dans ses bras et j’ai pleuré à chaudes larmes. J’ai compris que le cancer avait gagné. Chez nous, en Afrique, la féminité d’une femme commence par ses cheveux. Cette image, je ne parviens toujours pas à l’effacer de ma mémoire », a-t-il témoigné, la voix tremblante.
Selon les spécialistes, les risques de manifestation du cancer augmentent à partir de 30 ans. Les femmes de moins de 30 ans sont relativement moins exposées, mais le dépistage régulier reste essentiel pour toutes les tranches d’âge.
Sona Sylla & Nana Camara
Pour Avenirguinee.org



