Comme annoncé dans notre précédent article, les enseignants contractuels non retenus, réunis en collectif, ont organisé un sit-in ce lundi matin devant le siège du SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée), situé dans la commune de Dixinn. Cette mobilisation vise à interpeller les autorités sur leur situation toujours précaire, malgré des années de service dans les établissements scolaires du pays.
Au cours de cette rencontre, Kadiatou Bah, secrétaire générale du SLECG, a exprimé son soutien à ces enseignants, dont certains exercent depuis 5, 6 voire 8 ans sans avoir été officiellement intégrés dans la fonction publique.
« Ces jeunes enseignants qui sont en situation de classe depuis 5 ans, 6 ans, voire 8 ans, pourquoi continuent-ils encore à souffrir pour leur engagement à la fonction publique ? (…) Ils ont trop lutté. Nous les avons accompagnés depuis plus de 5, 6, 7 ans dans ce processus », a-t-elle déclaré.
Elle a salué les efforts du gouvernement de transition qui a permis l’intégration de 10 000 enseignants contractuels communautaires et 2 000 autres par voie de concours, mais estime que cela reste insuffisant face au manque criard d’enseignants.
« S’il s’agit de pédagogie, ils en ont ; de didactique, ils en ont ; de compétences académiques, ils en ont. (…) Nous exhortons tous les membres du gouvernement, à travers le président de la République, que ces jeunes-là soient engagés à la fonction publique ».
Kadiatou Bah a également dénoncé ce qu’elle qualifie de tromperie dans le traitement des cas de Conakry. « Parmi eux, il y a ceux de Conakry, où on nous a trompés en tant qu’intersyndicat de l’éducation. On nous a dit, ici il y a deux ans, qu’il n’y avait pas de manque d’enseignants à Conakry ni de contractuels. Alors, pourquoi continue-t-on à les faire souffrir, pendant que, quand ils ne sont pas en classe, les classes sont vides ? »
La syndicaliste a toutefois insisté sur le choix du dialogue et de la médiation.
« Nous n’allons pas aller vers un bras de fer. Aujourd’hui, c’est le dialogue social qui est privilégié. Nous demandons au président du Conseil National du Dialogue Social d’être notre porte-parole à travers le ministère du Travail, de la Fonction publique et notre ministère de tutelle. »
Elle a également exhorté les enseignants à ne pas abandonner les classes, tout en appelant la coordination nationale à mieux organiser les actions pour éviter des déplacements coûteux jusqu’à Conakry.
« Ce n’est pas la force qui résout les problèmes, mais les arguments. Et les arguments sont clairs : il y a un manque criard d’enseignants en classe. (…) Nous leur demandons de rejoindre les classes, d’aller enseigner, et de laisser la situation entre les mains des coordinateurs ».
De son côté, Elhadj Diaka Sow, coordinateur national du collectif des enseignants contractuels non retenus, a précisé l’objectif du sit-in : « L’objectif de notre sit-in est d’interpeller les autorités du pays, particulièrement notre ministère de tutelle, celui de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, le ministère de la Fonction publique, le MATD, le Budget, y compris le père de la nation, le général Mamadi Doumbouya. »
Il a demandé aux structures syndicales de s’associer à leur combat, qu’il qualifie de « lutte noble », en vue de la signature sans délai ni condition de leurs arrêtés d’engagement.
Concernant la reprise des cours, le coordinateur a été clair : « Ce n’est pas un refus de reprendre. Nous voulons continuer à servir la nation guinéenne. Mais il n’y a pas d’acte officiel du ministère stipulant que nous devons reprendre. Nous demandons une communication officielle du ministère de tutelle pour que nous puissions donner des instructions claires à nos représentants à la base. »
Il précise que, pour l’instant, les enseignants ne répondent qu’à leurs représentants, et non aux DSE ou chefs d’établissement, malgré les nombreuses sollicitations pour combler le manque dans les écoles.

Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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