Avec une population estimée à environ 3 000 habitants et composée de 13 districts, la sous-préfecture de Kollet, située à 90 km de Télimélé, est aujourd’hui confrontée à un manque criard d’infrastructures de base, notamment les routes, les centres de santé, l’électricité, et l’approvisionnement en eau potable, . Le quotidien des citoyens de cette localité ressemble encore à celui d’un autre temps.
Dans des villages comme Baïya, Kolon, Debeya ou encore Fodéya, la modernité est un luxe. La route, quant à elle, s’arrête à la sous-préfecture de Kollet et les pistes rurales qui y mènent sont impraticables, ne laissant aucun passage aux véhicules.
Interrogé, le président du district de Baïya est revenu sur les calvaires auxquels font face les habitants : « En cas d’urgence, on transporte les malades sur la moto dans le risque de sauver la vie. C’est comme si les autorités actuelles ne sont pas venues pour tout le pays. Vous avez vu en venant ici, la route est complètement dégradée. Et comme vous l’avez constaté, Baïya est un village reculé. Donc, nous lançons un appel aux autorités de nous aider vraiment à reprofiler notre route », a-t-il expliqué.
Le manque d’un centre de santé constitue un autre problème majeur à Kollet. C’est le cas du district de Kafaty, où aucun poste de santé n’existe, une situation qui inquiète profondément les habitants. Pour la présidente du district, Mme Djeneba Camara, la situation est déplorable : « On se demande si cette localité fait partie de la Guinée. Nous avons besoin d’un poste de santé pour plusieurs districts, mais surtout chez nous à Kafaty. C’est une question de vie que nous demandons au président de la République. Si une femme est prête à accoucher, on aura beaucoup de problèmes. Tu ne peux pas mettre une femme enceinte de neuf mois sur une moto, c’est risquant », souligne-t-elle.
Paradoxalement, bien que cette sous-préfecture abrite le barrage hydroélectrique de Souapiti, elle est plongée dans une obscurité totale et un isolement inquiétant.
Joint au téléphone, le président de la délégation spéciale de la commune rurale de Kollet, M. Alpha Camara, exprime une profonde douleur face à cette situation : « Aujourd’hui, la sous-préfecture de Kollet est la plus oubliée que je connaisse en Guinée. Nous avons la route qui passe par Télimélé centre mais qui n’est pas goudronnée. Le manque d’électricité est un problème majeur pour nous, auquel s’ajoute celui de l’eau potable. On est juste à quelques kilomètres de Souapiti même avec un demi-litre tu peux arriver là-bas. Ce barrage hydroélectrique fournit le courant à certaines localités, comme le village de Labayah et ailleurs. Par contre, nous qui sommes tout près, impactés par l’effet de ce barrage, on n’a pas d’électricité depuis plus de quatre ans. On a fait appel à l’État. À chaque fois qu’on a l’occasion, on parle du besoin d’électricité pour cette sous-préfecture et ses environs », a-t-il déclaré.
De retour de Kollet, Naby Moussa Sylla (correspondant local) pour AvenirGuinée



