À deux jours de la rentrée scolaire 2025-2026, les anciens contractuels de l’enseignement public de la zone spéciale de Conakry font entendre leur voix. Malgré des années de service, ces enseignants se battent encore pour leur intégration à la fonction publique, sans succès jusqu’à présent. Face à cette situation qui perdure depuis 2018, la frustration est palpable.
Notre rédaction est allée à la rencontre de Mohamed Saïd Sylla, ancien contractuel dans la zone de Matoto ce samedi 4 octobre. Il nous fait part de son profond découragement.
« Pour le moment, à date, rien de concret. Rien de concret concernant les anciens contractuels de la zone spéciale de Conakry. Il n’existe que des promesses, des promesses qui existent seulement dans la bouche, qui ne sont pas mises sur papier. Donc, à date, nous sommes dans une situation d’impasse. Nous sommes dans une situation que nous-mêmes… c’est une situation de désolation, de déception. Rien n’a été fait, depuis combien d’années ? De 2018 jusqu’en 2025, jusqu’à présent. Et il ne nous reste que deux jours à l’ouverture des classes. Nous sommes dans une situation de déception, nous sommes dans une situation de découragement, de désolation. Franchement, on n’a pas de mots pour décrire tout ce que nous sommes en train de traverser à l’ouverture des classes. Étant des pères de famille et des mères de famille, vraiment, nous sommes déçus, nous sommes démobilisés, nous sommes démotivés », déclare M. Sylla, la voix chargée d’émotion.
Selon lui, les anciens contractuels ont de nouveau été appelés à servir, preuve de leur engagement malgré l’absence de reconnaissance officielle.
« Tous les contractuels de la zone spéciale de Conakry ont été rappelés dans leurs différentes écoles publiques pour aller prendre les emplois du temps.Cela prouve à suffisance que ces anciens-là sont des patriotes, ces anciens-là aiment la Guinée. Et nous sommes dans ça, il y a de cela plus de sept ans », fait-il savoir.
Très critique à l’égard du silence des autorités, M. Sylla leur adresse un appel direct et sans détour, les invitant à agir pendant qu’il est encore temps.
« Un message à l’endroit de nos autorités : que les autorités sachent, qu’ils sachent, là où ils sont, personne ne restera éternellement. Certes, tu es ministre de la Fonction publique aujourd’hui, tu es ministre du MEPUA, tu es venu à la place de quelqu’un. Quel qu’en soit, un jour, vous allez quitter. On vous demande humblement, pendant que vous avez le temps, pendant que vous avez la chance d’engager les anciens contractuels de la zone spéciale de Conakry, il faut le faire dès maintenant. Parce qu’il ne faut pas aller encore pour dire « si je savais, si je savais ».
Vous avez le temps. Vous êtes ministre de la Fonction publique, vous êtes Premier ministre, vous êtes président de la République. Personne ne va rester éternellement. Il faut faire face à la situation de ces anciens contractuels de la zone spéciale de Conakry, qui sont dans la souffrance, qui sont dans la galère, vraiment qui sont dans les maladies », implore-t-il.
Malgré la situation difficile, M. Sylla garde espoir et appelle ses collègues à ne pas baisser les bras. « Un message à l’endroit de nos amis : c’est de garder confiance en soi. Il faut garder la confiance, quelle qu’en soit la durée. Je sais, un jour, par la grâce de l’Éternel, les anciens contractuels de la zone spéciale de Conakry seront engagés à la fonction publique. Et on ne va pas baisser les bras. Nous allons continuer à appeler l’État. Nous allons continuer à interpeller l’opinion nationale et internationale concernant la situation des anciens contractuels de la zone spéciale de Conakry », insiste-t-il.
Selon les informations recueillies par avenirguinee.org, les anciens contractuels prévoient de se retrouver dans les jours à venir pour définir une nouvelle stratégie de revendication, afin de se faire entendre davantage par les autorités compétentes.
Nana Camara pour avenirguinee.org



