À travers un communiqué, l’institution organisatrice du championnat féminin guinéen, sous la présidence de Bérété Fatoumata Binta, a annoncé la date du démarrage de la nouvelle saison de la Ligue 1 féminine. Jointe ce mercredi par la rédaction d’Avenirguinee, Mme Bérété s’est exprimée avec franchise pour dévoiler ses ambitions.
Prenant la parole, elle a déclaré d’entrée : « C’est un agréable plaisir pour moi, après une année sans jouer le championnat, de démarrer cette nouvelle saison. Tout est en train de se mettre en place, nous travaillons également pour assurer la réussite du championnat 2025-2026. »
Poursuivant, elle a souligné que la saison 2025-2026 représente un véritable challenge pour la LGFF, après une longue période de silence : « C’est vrai que nous essayons de jouer la Ligue 1 dans son intégralité. Nous y travaillons, c’est un plus. Il y a beaucoup d’aspects que nous voulons mettre en place pour développer le football féminin. Cette saison, nous jouons la Ligue 1, et nous avons même un tournoi U-17 féminin. »
Concernant les préparatifs, Mme Bérété révèle : « C’est en cours. C’est vrai que nous n’avons pas encore eu de réunion avec les clubs, mais vous avez vu le communiqué. Nous avons surtout demandé certains documents aux clubs afin qu’ils soient en règle avant le démarrage du championnat. Cela nous a causé beaucoup de difficultés depuis le début. Et, c’est vrai, nous travaillons, mais c’est un peu compliqué avec les clubs. »
Elle a poursuivi avec amertume : « Tous les documents que nous avons demandés, certains clubs ne les ont même pas aujourd’hui. Comme nous sommes là pour aider et non pour tirer à balles réelles sur les clubs, nous allons les accompagner pour qu’ils soient en règle. »
À propos des critiques incessantes, elle répond avec franchise : « Certains n’arrivent pas à comprendre. Aujourd’hui, notre objectif, c’est de promouvoir le football féminin. Mais il faut comprendre deux choses : le football local est différent du football international. Oui, c’est vrai, lorsqu’on aura le championnat, ce sera un plus, car on aura des joueuses performantes. Mais nous travaillons aussi pour un développement global du football féminin. »
Selon Mme Bérété : « C’est difficile, mais cela concerne tous les acteurs. Ce n’est pas que la Ligue ou la FÉGUIFOOT. C’est aussi l’État. On ne va pas entrer dans les débats, ça ne commence ni par la FÉGUIFOOT ni par la Ligue. C’est la faute de chacun, de toutes les parties concernées. Nous ne devons pas jeter la faute sur une ou deux personnes. »
Pour finir, elle a adressé un message fort aux autorités politiques, à la FÉGUIFOOT et aux clubs : « Certains n’arrivent pas à comprendre : qu’est-ce que l’État doit faire ? Qu’est-ce que la Fédération doit faire ? Il faut se poser ces questions. C’est vrai qu’il y a des choses que la FÉGUIFOOT doit faire, mais l’État aussi doit être présent. Je ne dis pas que l’État ne nous aide pas, mais il doit redoubler d’efforts. Dans certaines compétitions, si nous n’arrivons pas à jouer, ce n’est pas la faute de la FÉGUIFOOT. La FGF à elle seule doit organiser plusieurs compétitions, dont le football féminin. »
Et d’ajouter : « Vous savez d’où nous venons pour arriver jusqu’ici. Il y a beaucoup de problèmes à régler. Je demanderai aux autorités de nous aider, surtout parce que nous sommes des femmes. Il ne faut pas qu’ils se contentent de dire que la Fédération est là. Aujourd’hui, cette Fédération a combien de sponsors ou de partenaires ? Il ne faut pas penser que la FIFA envoie de l’argent pour le football féminin. Même si c’est le cas – ce que je ne confirme pas – ce que nous recevons ne couvre pas nos besoins. Ce que la FGF ou la FIFA donne, c’est un appui. Il nous faut trouver nos propres financements. C’est pourquoi j’en appelle à l’aide de l’État. À la FÉGUIFOOT aussi, je demande de redoubler d’efforts pour nous aider. »
Enfin, aux clubs, elle lance cet appel : « Je leur demande d’être dans les normes et les règles de l’art. C’est bien de revendiquer, mais en revendiquant, il faut avoir les moyens de ses revendications. Le hasard n’existe plus dans le football. Ce qu’on faisait hier n’est plus valable aujourd’hui. C’est quand on sort du pays et qu’on voit ailleurs qu’on réalise qu’on n’a même pas encore commencé. Il faut qu’on arrête de parler pour désormais poser des actes concrets. »
Alsény Savané pour avenirguinee.org
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