Quatre jours après le référendum constitutionnel du 21 septembre, la grogne monte chez les jeunes agents des bureaux de vote. Après les manifestations observées à Manéah, c’était au tour de la commune de Matoto d’être secouée ce jeudi matin.
Dès 8 heures, une foule de jeunes s’est massée dans la cour de la mairie de Matoto. Venus de plusieurs quartiers de la commune, ils réclament le paiement intégral de leurs primes de formation, de repas et de participation au scrutin.
Rencontré dans la foule, M. Baldé Abdul Karim, agent du bureau de vote de Sangoya Mosquée, secteur Mamadou Baldé, dénonce une série d’irrégularités : « En tant qu’agent des bureaux de vote, depuis le jour de la formation, même les primes de formation, ils ont diminué. Parce qu’on nous fait signer des fiches où, c’est écrit 200 000 et nous, nous recevons que 100 000. Les primes de déjeuner, manger au temps, nous sommes restés du matin au soir, ça aussi nous n’avons pas reçu. De 5 heures du matin jusqu’à 0 heure, nous sommes dans les différents quartiers. Donc, le paiement ne s’est pas passé le même jour. C’est le surlendemain qu’ils ont payé. Au lieu de 750 000 pour les membres, les présidents des bureaux de vote, ils ont payé 300 000. Vous voyez l’écart », a-t-il dénoncé.

Même son de cloche chez M. Diallo Abdoulaye, également manifestant : « Nous manifestons pour nos droits, parce qu’on a fait nos devoirs. J’ai été membre d’un bureau de vote à Matoto Satoum, en 7-1. J’étais président du bureau de vote de là-bas. On s’est rendus au bureau du quartier pour récupérer les kits de vote. De 5 heures à 12 heures, on n’avait rien mangé, et nos primes de formation, nous ne les avons pas reçues. L’argent qui devrait nous être donné : le président devait avoir 600 000, le secrétaire, le vice-président devait avoir 500 000, et pour les deux assesseurs, 400 000. Au lieu de ça, ils ont divisé nos primes », a-t-il déclaré d’une voix colérique.
Pour Alpha Conté, assesseur dans un bureau de vote, la situation est inacceptable : « On devait recevoir notre argent. Moi, je suis assesseur, je devrais avoir reçu 500 000, normalement j’ai reçu 200 000. C’est pourquoi on est venu ici. Le matin, ils ont envoyé des militaires, des militaires, c’est pourquoi vous remarquerez leur présence. Et la commune – je ne sais pas si c’est le maire, ils nous ont demandé, disant de patienter, qu’ils vont payer tout le monde dans trois heures du temps. Mais jusqu’à présent, on n’a rien vu. »
Au moment où notre équipe quittait les lieux, certains manifestants ont toutefois affirmé avoir reçu leurs dus via une application mobile. Une solution partielle, qui n’a pas calmé toutes les frustrations sur place.
Sona Sylla, pour avenirguinee.org



