À un peu plus d’une semaine de la célébration du 2 octobre, date marquant l’accession de la Guinée à l’indépendance en 1958, les marchés de la capitale prennent déjà des airs de fête. T-shirts, chemises et pulls aux couleurs nationales envahissent les étals, attirant une clientèle variée.
Notre équipe s’est rendue ce mardi dans le marché de Gbessia pour effectuer un constat.
Pour Mme Djenabou Camara, vendeuse de 67 ans spécialisée dans les T-shirts d’indépendance, les prix cette année sont pensés pour convenir à toutes les bourses.
« Cette année, les prix sont très abordables. Les T-shirts pour les tout-petits varient entre 15 000 GNF et 20 000 GNF. Pour les enfants et les jeunes, ça va de 30 000 GNF à 50 000 GNF. Nous avons volontairement baissé les prix pour que tout le monde puisse en acheter, surtout les mamans. Ce que nous espérons, c’est qu’on nous aménage un espace de vente bien organisé, où nous pourrons nous installer durablement », a-t-elle dit.
N’naïcha Bangoura, une autre commerçante, aborde dans le même sens. Elle insiste sur le caractère symbolique de la fête.

« Cette fois, nous ne vendons pas à des prix élevés. Nos T-shirts sont accessibles : 20 000 GNF pour les jeunes, 40 000 GNF pour les adultes. Nous aimons notre pays, et à travers cette fête, nous voulons le montrer. »
Malgré l’engouement autour des vêtements aux couleurs nationales, les vendeuses rencontrent de nombreuses difficultés sur le terrain, notamment liées à leur emplacement.
« Ce qui est compliqué, c’est quand les policiers viennent nous demander de quitter les lieux. Pourtant, c’est ici que nous, les femmes, essayons de nous débrouiller pour nourrir nos familles », déplore une jeune vendeuse installée sur le pont de Gbessia.
De son côté, Mariama Bangoura, vendeuse depuis plusieurs années, se montre plus critique.
« Honnêtement, le constat n’est pas mauvais, mais les choses coûtent trop cher cette année. Un T-shirt qu’on achète en gros à 23 000 GNF, on le revend à 25 000 GNF. On ne gagne que 2 000 GNF par pièce. Ce n’est pas suffisant. La vie est chère, il n’y a pas d’argent. On fait ça juste pour ne pas rester les bras croisés. Le gouvernement doit vraiment nous aider en agissant sur les prix des produits au marché. »
Malgré les plaintes et les difficultés, les commerçantes s’accordent sur une chose : la fête de l’indépendance reste un moment fort de l’année, où l’unité nationale et le patriotisme s’expriment dans les rues. Et cette année encore, les Guinéens comptent bien se vêtir aux couleurs rouge, jaune et vert pour célébrer leur souveraineté retrouvée.

Saran Koulibaly pour avenirguinee.org



