Plus de sept mois après le drame survenu le 12 février 2025 à Dabondy Bas-fonds, les menuisiers sinistrés peinent toujours à joindre les deux bouts. Des pères de famille et des apprentis, dont les efforts ont été réduits à néant par un gigantesque incendie, continuent d’espérer une aide du gouvernement qui, jusque-là, ne leur a accordé aucun soutien financier.
Ce samedi 20 septembre, la rédaction d’Avenirguinee s’est rendue sur les lieux pour s’enquérir des réalités liées à leur reprise. Sékou Ahmed Soumah, leur président, raconte leur situation d’une voix empreinte de tristesse : « Depuis l’incendie, ce sont des difficultés. Aucune aide, même pas un seul franc ne nous a été donné par qui que ce soit. Mais comme c’est notre pays, on ne peut pas fuir. Ce sont des milliards qui sont partis en fumée ce jour-là : les colis des gens, les nôtres, même les boutiques de nos matériaux. Certains avaient des magasins auprès de nous ici pour éviter de descendre jusqu’à Madina. La gouverneure nous a apporté une aide sociale, elle a été à nos côtés, tout comme le maire et le chef de quartier. »
Dans le même cadre, il ajoute : « Cependant, jusqu’à ce jour, aucune aide financière de la part du gouvernement. Ici, nous sommes des ouvriers, nous contribuons aussi au développement de cette nation, à travers des orphelins que nous élevons et scolarisons, car certains apprentis le sont. Mais à cette allure, nous avons défilé au commissariat, nous sommes fatigués. Jusqu’à présent, certains menuisiers sont au village, ils ne peuvent pas revenir parce qu’ils doivent de l’argent aux gens. Que l’État nous vienne en aide, c’est la seule chose que nous espérons en ce moment. »
Youssouf Sylla, également menuisier et victime de l’incendie, témoigne : « Moi, j’ai commencé à travailler ici depuis 1987. Je fais tout ici. Je suis propriétaire d’un atelier où je travaille avec six autres personnes. Lors de l’incendie, un ami a perdu quatre lits, dont deux appartenaient à des clients. Nos apprentis ont perdu trois lits, et moi, j’ai perdu cinq lits, dont trois pour des clients, plus un salon complet et une bibliothèque. D’ailleurs, je viens de revenir de Kolissokho, le village. D’autres m’appellent, je ne décroche pas, parce que je ne sais pas quoi leur dire. J’ai perdu le lit de quelqu’un, il est venu m’injurier ici, mais je n’ai jamais riposté. J’ai dû emprunter de l’argent à mes collègues pour rembourser. Je recommence à travailler, mais difficilement. Que le gouvernement nous aide. Ce sont des milliards de francs guinéens qui sont partis en fumée. Nous gardons vraiment espoir. »
Pour rappel, l’incendie à l’origine de tous ces dégâts avait été provoqué par une personne qui avait vidé les cendres de son fourneau sans précaution.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



