À quelques semaines de la rentrée scolaire prévue juste après la fête de l’indépendance, les marchés spécialisés dans la vente des fournitures scolaires peinent à enregistrer une bonne affluence. C’est le constat fait ce mardi par la rédaction d’Avenirguinee au marché de Gbessia, l’un des centres névralgiques du commerce à Conakry.
Assise derrière son tablier, Saran Keita, la trentaine bien entamée, vend des fournitures scolaires depuis plusieurs années. Pour elle, cette activité n’a rien à voir avec les années précédentes.
« Il y a de cela 5 à 6 ans que je suis vendeuse ici au marché de Gbessia. Je gère une boutique, mais la vente des fournitures scolaires pour moi, c’est une traite, et après je vaque à d’autres activités. Mais cette année, vraiment, il n’y a pas d’achat. Les choses sont chères, les clients se font rares. Parfois, je fais toute une journée sans rien vendre. Je continue juste pour que les gens me remarquent », confie-t-elle avec résignation.
Elle poursuit, en évoquant les difficultés d’approvisionnement, notamment à Madina, l’un des plus grands marchés de Conakry : « Quand tu descends à Madina, le coût est vraiment élevé. Tu restes dedans juste par foi, pour pouvoir survivre et faire vivre ta famille. Tout le monde pleurniche. Quand tu annonces le prix à un client, il fuit. Il faut supplier avant qu’il n’ose acheter. C’est vraiment dur. »
À Gbessia, les vendeuses s’accordent sur un point : les prix ont grimpé, et la clientèle ne suit plus.
« Le prix des tenues carrelées dépend de la qualité, ça commence à 70.000 jusqu’à 100.000 GNF. Le tissu kaki ou le bleu, c’est 20.000 GNF le mètre. Avant, on l’achetait moins cher pour revendre à 15.000. Les sacs, c’est à partir de 100.000 GNF, et même là, on ne gagne que 5.000 ou 10.000 GNF de bénéfice. Difficile de tirer 20.000 sur un seul sac. Quant aux bacs, règles et autres articles, leurs prix n’ont pas trop varié. Le paquet de cahiers, lui, est vendu à 20.000 GNF, parfois à 18.000 selon les vendeurs », détaille Saran Keita.
Entre la flambée des prix, la rareté des clients et l’approche imminente de la rentrée scolaire, l’inquiétude est palpable chez les marchandes. Nombreuses sont celles qui espèrent encore un sursaut de dernière minute dans les ventes, même si les signaux actuels laissent présager une rentrée difficile, non seulement pour les familles, mais aussi pour les commerçants.


Sona Sylla pour Avenirguinee.org



