Le 5 septembre 2021 – 5 septembre 2025 : cela fait exactement quatre ans que le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) a pris le pouvoir en renversant le président Alpha Condé. Alors que le pays marque cet anniversaire, la question du bilan de cette transition militaire divise. Le vice-président du Bloc Libéral (BL), Oumar Sanoh, a livré son analyse lors d’un entretien téléphonique accordé ce jeudi 4 septembre à avenirguinee.org.
Selon Oumar Sanoh, le constat est sans appel : le CNRD a échoué dans sa mission de gestion de la transition.
« D’abord, globalement, nous sommes de ceux qui pensent que le bilan de l’arrivée du CNRD le 5 septembre 2021 à la tête de notre pays n’est pas un bilan appréciable. C’est pour le dire, en termes de gouvernance, en termes de sécurité, en termes de la gestion globale de l’État, le bilan est négatif », déclare-t-il.
Pour le Bloc Libéral, cette gouvernance ne répond pas aux attentes. « Ce n’est pas une bonne gouvernance et le bilan est globalement négatif dans la mesure où, vous êtes d’accord avec nous, à l’arrivée du CNRD au pouvoir, aujourd’hui, l’espace médiatique est verrouillé, l’espace politique est verrouillé. On ne peut pas gouverner une transition sans travailler de façon concertée avec les principaux acteurs, c’est-à-dire les acteurs politiques, les journalistes, les acteurs de la société civile », regrette-t-il.
Poursuivant, il affirme que le mode de gouvernance actuel est inquiétant : « De la manière dont nous voyons aujourd’hui la gouvernance du CNRD, nous pensons que c’est une gouvernance auquel on ne s’attendait plus dans notre pays. »
Pour le vice-président du Bloc Libéral, la transition est en train de dévier de ses objectifs initiaux. « Mais aujourd’hui, lorsque nous nous tenons compte du bilan du CNRD au pouvoir, nous pensons que la transition va vers le mur. Et le bilan est globalement négatif. Donc, sur tous les plans, il n’y a pas de débat, il n’y a pas de dialogue. »
S’exprimant sur la posture du Premier ministre Bah Oury, il se montre également critique : « Ce qui nous fait mal, nous avons un de nous aujourd’hui qui est à la tête du gouvernement, son excellence M. Bah Oury. Nous pensons qu’étant politique, l’acteur principal du dialogue, il doit faire une ouverture aux acteurs pour discuter de toutes les questions qui sont importantes par rapport à l’avenir de notre pays. »
Avant de conclure par une inquiétude plus grave : « Mais on voit aujourd’hui comme si nous sommes dans un royaume. On fait de la Guinée comme une propriété privée. Donc, c’est ce qui fait aujourd’hui que, vraiment, la transition, nous sommes de ceux qui pensent qu’elle est mal partie. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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