En ce 12e jour du mois lunaire qui marque la naissance du Prophète Mohammed ( PSL), la communauté musulmane rend hommage au Messager à travers diverses prières et œuvres pieuses. Une célébration que certains islamologues jugent non obligatoire, car elle ne fut pas explicitement recommandée par le Prophète lui-même.
Ce jeudi 4 septembre, la rédaction d’avenirguinee a réalisé une interview exclusive avec Ibrahima Khalil Bangoura, premier imam de la mosquée de la Cité de l’air à Gbéssia, qui est revenu sur les bienfaits de cette célébration.
« Ce jour est un grand jour pour la communauté musulmane. Les gens disent souvent que le Prophète Mohammed (paix et bénédiction d’Allah soient sur lui) ne l’a jamais célébré de son vivant. Mais ils oublient qu’il n’a vécu que 23 ans après avoir reçu la révélation. Est-ce qu’il pouvait faire tout ce que les musulmans doivent faire ou dire ? Aujourd’hui, on s’adapte aux réalités du monde. On prend l’avion pour faire le pèlerinage, on utilise les haut-parleurs dans les mosquées pour mieux se faire entendre ou appeler à la prière. Ce sont pourtant des choses que le Bien-aimé d’Allah n’a jamais utilisées, mais elles contribuent à la pratique de la religion. C’est pourquoi nos grands imams s’asseyent pour faire de la jurisprudence, en évaluant ce qui est bénéfique ou non pour la communauté et pour l’Islam », a-t-il expliqué.
Dans son discours, l’imam a également souligné les avantages communautaires de cette journée de célébration : « Il faut rappeler que ce jour a une grande importance, mais surtout, il faut savoir comment le célébrer pour en tirer profit. Parmi les points positifs, cette journée permet de financer les travaux réalisés dans nos mosquées, souvent grâce aux contributions des fidèles. Même la formation de certains de nos imams, ou la construction d’écoles franco-arabes, sont soutenues par ces occasions. »
L’imam Bangoura a aussi invité les fidèles à rester raisonnables dans leur pratique: « En ce jour spécial, pour en tirer profit, chaque musulman devrait multiplier les bonnes actions : lire ou écouter le Saint Coran, prier sur le Bien-aimé d’Allah, faire des sacrifices, organiser des conférences sur la vie du Prophète (paix et bénédiction d’Allah soient sur lui), faire des douas… Par contre, si c’est pour venir faire des cantiques en appelant chaque nom de famille, cela n’est pas une bonne cause. Dans ce cas, vous avez commercialisé ce jour à votre profit. »
Pour conclure, l’imam Ibrahima Khalil Bangoura a lancé un appel à ses collègues imams : « Donnons-nous la main pour faire adhérer les noms musulmans à cette religion et cessons de nous contredire les uns les autres. »
Sona Sylla & Saran Koulibaly pour avenirguinee.org



