Alors que les Forces Vives de Guinée (FVG) appellent à une série de manifestations à partir du 5 septembre, date marquant l’an 4 de la prise du pouvoir par le CNRD, la commune de Ratoma a reçu ce mercredi une lettre d’information déposée par les organisateurs. L’objectif affiché : protester contre la gestion de la transition, le projet de nouvelle Constitution et une éventuelle candidature du Général Mamadi Doumbouya à la présidentielle.
Face à cette menace, avenirguinee.org a réalisé une interview exclusive ce mercredi 3 septembre 2025 avec Ahmed Sékou Traoré, Président de la délégation spéciale de Ratoma, peu après le dépôt de ladite lettre. Ce dernier n’a pas mâché ses mots.
Dès l’entame de sa prise parole, il a exprimé sa ferme opposition à toute tentative de manifestation violente dans sa commune à cette date symbolique : « Aujourd’hui, en écrivant à une collectivité pour demander à manifester à l’occasion d’un moment où nous devons exprimer notre satisfaction sur l’évolution de notre pays grâce aux autorités en place, il faut reconnaître qu’il y a aujourd’hui de la paix et de la quiétude dans toutes les communautés. Il y a une cohésion qui se fait entendre, qui se fait voir, qui se fait ressentir. À quoi serait bon de parler, en ce moment, d’une action contrevenante à la paix et à la quiétude ? »
Le président de la délégation spéciale a également rappelé les textes officiels interdisant les manifestations : « Il faut reconnaître qu’il y a un communiqué numéro 0012 du CNRD 2022, et le numéro 0015 du 31 mai 2022, qui interdisait toute manifestation sur l’étendue du territoire national. Cette décision reste et demeure en vigueur », a-t-il laissé entendre.
Se positionnant clairement contre les manifestations annoncées, Ahmed Sékou Traoré affirme que les citoyens de Ratoma ont eux-mêmes exprimé leur volonté de marquer le 5 septembre dans un tout autre esprit : « (…) Nous, à Ratoma, nos citoyens pensent que le 5 septembre est une journée de réjouissance, de solidarité et de manifester la joie pour la République. Nos citoyens nous ont interpellé par rapport à une réjouissance, et ont même demandé à la mairie, qui est leur structure administrative de base et de proximité, de les accompagner dans cette réjouissance. »
Terminant avec un ton ferme mais rassembleur, Ahmed Sékou Traoré a lancé un message clair aux organisateurs des manifestations : « Ratoma n’est pas un lieu où on manifeste ses humeurs négatives, non. Ici, c’est la joie, c’est l’engagement social, bénévole, solidaire de la population. Ratoma est consciente d’un passé sombre, triste, qu’elle ne voudrait plus revivre. Ratoma se veut désormais une commune havre de paix… »
Sona Sylla pour avenirguinee.org



