Depuis le début de la saison pluvieuse, le ministère de l’Environnement et du Développement durable multiplie les actions dans le cadre de la campagne nationale de reboisement 2025. À ce jour, plusieurs sites ont été reboisés et d’autres sont encore en cours.
Dans une interview exclusive accordée à AvenirGuinee ce vendredi 29 août 2025, Karim Samoura, Secrétaire général du ministère, a fait le point sur l’état d’avancement de la campagne, les défis rencontrés et les perspectives.
« La campagne nationale de reboisement ne se limite pas seulement à l’action du ministère. Elle concerne tous les Guinéens : enfants, adultes, hommes et femmes. Chacun peut planter, que ce soit dans les champs, devant les maisons, dans les écoles ou les centres de santé », a déclaré Karim Samoura en appelant à une mobilisation collective.
« Cette année, l’ambition est claire : reboiser 1 000 hectares, avec un accent particulier sur les zones côtières et les berges des cours d’eau, notamment autour du fleuve Konkouré et d’autres grands fleuves comme le Niger
Si nous parvenons à protéger ces zones, cela réduira considérablement les inondations, stabilisera les nappes phréatiques, favorisera la pêche et soutiendra l’agriculture. »
Les travaux sont déjà lancés. Plus de 50 ONG ont été mobilisées et se trouvent actuellement dans les forêts pour exécuter les chantiers. Une fois les plantations terminées, les contrats seront transférés à des jeunes des localités concernées pour assurer le suivi et l’entretien.
Le ministère collabore aussi avec les grands projets nationaux, comme l’interconnexion Guinée-Mali, Simandou et Rio Tinto, dont les activités nécessitent parfois l’abattage d’arbres, poursuit le secrétaire général.
« En remplacement, nous avons obtenu 2 400 hectares à reboiser avec le soutien de la Banque mondiale et d’autres bailleurs. Ces projets ne sont pas directement gérés par nous, mais nous intervenons en tant qu’experts pour la validation et le suivi technique. »
Plus loin, il a cependant évoqué plusieurs obstacles majeurs :
1. Fraudes des ONG : « Certaines ONG montaient de faux projets, plantaient quelques arbres puis disparaissaient avec l’argent. L’an dernier, plusieurs ont été arrêtées. Désormais, nous procédons par tranches : 30 % au début, 50 % en cours et le reste à la fin, après vérification. »
2. Déboisement post-plantation: « Après le départ des ONG, certains villageois arrachent les jeunes plants pour cultiver. Or, c’est justement cette agriculture non encadrée qui provoque l’érosion et les inondations. »
3. Manque de sensibilisation: « La population doit comprendre que le reboisement ne peut pas se faire uniquement par l’État. Les citoyens doivent s’y engager avec leurs propres moyens », a-t-il ajouté, détaillant ensuite les principales zones de lancement de la campagne : Maraya (Cacossa – Forécariah): un site pilote appuyé par un projet de valorisation du carbone, avec des financements à hauteur de 30 dollars par tonne captée.
Tondon (Dubréka): en partenariat avec les Rotary Clubs.
Kindia centre-ville: avec l’appui de FECAN.
Faranah (fleuve Niger, village de Djoliba) : création d’une epépinière de plus de 20 000 plants, en lien avec les projets Simandou et Rio Tinto.
En guise de conclusion, le secrétaire général a lancé un appel :
1. « Avant de reboiser, il faut entretenir nos forêts existantes. Leur protection est primordiale. »
2. « Les essences choisies sont précieuses pour notre environnement. Ce travail est fait pour le peuple guinéen. Aidons-nous, unissons-nous pour préserver notre cadre de vie. »
Mamadama Dix Camara pour AvenirGuinee.org
621-00-58-32



