Depuis lundi dernier, des rumeurs circulent sur les réseaux sociaux faisant état d’une vente présumée des copies de la nouvelle Constitution à la mairie de Lambanyi. Des accusations qui ont rapidement interpellé les citoyens et suscité diverses réactions dans l’opinion publique.
Face à cette situation, notre rédaction s’est rendue mardi 26 août à la rencontre du président de la délégation spéciale (PDS) de Lambanyi, Elhadj Fafa M’bira Mané, pour faire la lumière sur ces informations. Ce dernier a formellement démenti toute opération de vente, tout en apportant des précisions sur la démarche entreprise.
« Non, ce n’est pas une vente. J’ai simplement mis en demeure chaque chef de quartier de se procurer une dizaine de copies de la nouvelle Constitution pour les partager avec les membres de leurs conseils respectifs », clarifié Elhadj Fafa M’bira Mané.
Il explique cette initiative par des difficultés de décaissement au niveau des banques, qui affectent les finances de la commune : « Chaque fois que Mme la receveuse se rend en ville pour une dépense de 10 millions, on ne reçoit que 5 millions. C’est dans ce contexte que j’ai suggéré aux chefs de quartier, qui disposent chacun de 2 à 3 millions issus des ventes de certificats de résidence, de prélever 350 000 GNF pour produire 10 brochures. »
Selon le PDS, un fournisseur nommé Yacine, habitué à collaborer avec la commune, a été chargé de produire les brochures : « Je lui ai demandé de confectionner les copies et de les déposer au secrétariat central. Ensuite, j’ai demandé à M. Alphonse d’appeler chaque chef de quartier pour qu’ils viennent récupérer leurs exemplaires. »
Il précise que la distribution visait exclusivement la vulgarisation du contenu de la nouvelle Constitution, afin que les citoyens soient mieux informés avant le vote.
Pour garantir l’efficacité de cette campagne de sensibilisation, le président de la délégation spéciale affirme s’être personnellement déplacé dans les quartiers, accompagné de quatre cadres : « La commune a pris en charge leur transport, le carburant et leurs primes. Nous avons sillonné l’Axe et le Littoral. L’accueil a été positif et les échanges constructifs »,
Elhadj M’bira Mané insiste sur le fait qu’aucune obligation de paiement n’a été imposée aux citoyens, et que les 350 000 GNF demandés par quartier sont un effort minimal, compte tenu des revenus générés localement : « Ce n’est pas de la mer à boire. C’est un engagement citoyen. Le chef de quartier représente le président de la République dans son quartier. Ce que je demande, c’est un sacrifice pour que la vulgarisation soit effective. »
Il se dit convaincu que ceux qui remettent en question cette démarche sont des acteurs frustrés par l’échec de certaines initiatives parallèles, évoquant des propositions de financement non abouties : « Ceux qui ont proposé de débloquer 20 ou 21 millions pour cette activité et qui n’ont pas réussi sont peut-être ceux qui alimentent cette polémique. »
Le président de la délégation spéciale conclut en affirmant qu’il reste en accord avec tous les chefs de quartier, qu’aucun ne s’est plaint de la démarche, et que tout a été réalisé dans la transparence :
« Je suis un cadre de la décentralisation. Quand je demande de dépenser, je montre aussi où trouver les ressources. Ce que je demande, c’est de participer à cette opération de vulgarisation pour que les citoyens comprennent pourquoi ils vont voter. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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