Quelques jours après le décès de Mariam Kesso Diallo, âgée de trois ans, son corps n’a toujours pas été inhumé pour des raisons liées à l’autopsie. Ce mercredi 27 août, la cheffe de la section régionale de l’Enfance de Conakry, accompagnée d’une délégation de la commune de Gbessia, s’est rendue au domicile familial à Koloma pour présenter ses condoléances.
C’est sous la pluie que la famille maternelle de la victime, les sages du quartier et les représentants de Koloma ont accueilli leurs hôtes venus compatir à leur douleur, avec en main une enveloppe symbolique.
Madame Fofana Fini Sylla, cheffe de la section régionale de l’Enfance de Conakry, a d’abord tenu à exprimer ses sincères condoléances, au nom de sa hiérarchie et en son nom personnel : « Ce n’est pas la joie qui nous emmène ici. On aurait aimé être là dans d’autres circonstances, mais c’est ainsi que Dieu l’a voulu. Que la famille sache qu’au nom de ma hiérarchie et en mon nom propre, nous partageons leur douleur. La ministre elle-même aurait voulu être ici, mais en raison des événements à Manéah et de son emploi du temps chargé, elle n’a pas pu venir. Nous présentons donc nos sincères condoléances à la famille. »
Poursuivant son intervention, Mme Fofana a assuré que cette affaire serait suivie de près, même si la famille exprimait le désir d’abandonner les poursuites. Elle a également clarifié le point sur les personnes interpellées : « Ce n’est pas une affaire qu’on peut abandonner. Ce n’est pas un fait naturel, c’est un acte sciemment posé. Même si la famille décide de ne plus porter plainte, nous, nous nous constituons partie civile et nous poursuivrons la procédure. Actuellement, deux présumées coupables sont interpellées : la tante de la victime et son amie, accusées de complicité. La véritable auteure de l’excision, malheureusement, n’a pas encore été retrouvée. »
Pour conclure, Mme Fofana a appelé les familles à faire preuve de courage, comme l’a fait la grand-mère de la victime, en dénonçant ces pratiques : « Le message ici, c’est un message de sensibilisation, de conseil et de vulgarisation. Comme vous le savez, chaque jour, nous perdons des enfants à cause de ces pratiques néfastes. Mais beaucoup de familles ne dénoncent pas. Ça reste caché, et l’on finit par dire que c’est la volonté de Dieu. Il faut avoir le courage de dénoncer, et s’informer sur les conséquences nuisibles de ces pratiques sur la santé des enfants, en particulier les filles. Car souvent, elles y perdent la vie. »
Quant au président de la délégation spéciale de Gbessia, Mory Diakité, il a également présenté ses condoléances : « Au nom de ma hiérarchie, depuis le ministère de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, en passant par le gouvernorat jusqu’à la commune de Gbessia, nous présentons nos condoléances. C’est à cause de nos multiples occupations que nous sommes venus en retard, sinon, nous serions venus dès que nous avons appris la nouvelle. Que la famille accepte ce retard.Au nom de ma hiérarchie, nous formulons nos bénédictions et remettons cette enveloppe symbolique. »
La rencontre s’est achevée par des prières et des bénédictions formulées par les imams en faveur de la victime et du pays.

À suivre…
Sona Sylla pour AvenirGuinée.org



