Notre rédaction s’est rendue ce mardi au Stade du 28 Septembre, où les occupants principalement des boutiquiers sont sommés de quitter les lieux, actuellement en chantier depuis plusieurs mois, sur décision des autorités.
Cette mesure, émanant du ministre des Sports, s’inscrit dans le cadre du projet d’extension du stade, tel que prévu dans le cahier de charges des travaux en cours. Sur place, nous avons rencontré Elhadj Boubacar Diaby, porte-parole des boutiquiers, visiblement choqué par la situation. Il interpelle les autorités de la transition sur l’absence de préavis et les conséquences sociales de cette évacuation.
« Nous n’avons pas de mauvaises pensées. Nous respectons la décision de l’État. Mais normalement, quand tu fais 30 ans dans un lieu où tu as tes objets, lorsqu’il y a besoin de ce lieu, on doit t’informer à l’avance. On doit te dire que l’État a besoin de l’endroit que vous occupez pour d’autres usages. En ce moment, un préavis de 2 à 3 mois vous permet de prendre des dispositions.
Ils disent qu’ils vont reconstruire les boutiques avec des latrines, et qu’après les travaux, ce sont nous, les détenteurs de contrats, qui allons revenir discuter avec la direction du stade pour trouver une solution idoine à notre partenariat », a-t-il déclaré.
Poursuivant, Elhadj Diaby déplore la brutalité de l’annonce, sans alternatives ni accompagnement social : « Aujourd’hui, s’ils nous disent de quitter aussi vite, que va-t-on faire ? Certains parmi nous vivent dans des logements précaires, où même une chaise n’a pas sa place. Alors, où mettre les objets qu’on a accumulés depuis 30 ans ? Il n’y a pas eu de préavis, ni de 10 ni de 20 jours. Où vont aller ces occupants ? Nous avons juste demandé qu’on nous donne du temps pour trouver une issue. Mais si ceux avec qui vous travaillez ne vous informent pas, c’est vraiment difficile de faire face à certaines situations. S’ils mettent des barricades, en disant que personne ne rentre, personne ne sort, mais que va-t-on devenir ? C’est ici que nous gagnons notre vie. »
Le porte-parole rappelle que la présence des commerçants sur le site est encadrée par un contrat officiel, signé avec la direction générale du stade : « Nous travaillons avec le stade, il y a un contrat qui nous lie depuis des années. Chaque année, on le renouvelle. Ils signent. Chaque fin de mois, nous payons comme convenu, le 2 ou le 3. « Ce que nous versons comprend des taxes, y compris la CADAC. Mais ici, au stade, ce n’est pas la même chose que pour les autres marchés. Les balayeurs, la taxe et la CADAC sont à part. Le stade s’occupe des boutiques, et nous payons directement à la direction générale. »
Il estime qu’une concertation aurait été préférable : « Qu’ils viennent nous voir, nous expliquer les décisions prises par les autorités du pays, pour qu’ensemble, nous puissions trouver des solutions. »
Pour conclure, Elhadj Boubacar Diaby assure que les occupants ne s’opposent pas à l’État, mais demandent du temps et un accompagnement humain : « Nous n’avons jamais dit qu’on n’allait pas sortir. Ce que nous souhaitons, c’est qu’on nous trouve un endroit. C’est ici que nous gagnons notre vie, pour nourrir nos familles. Nous n’allons pas déclencher la guerre, ni nous opposer à l’État. Ce n’est pas notre intention.
Il y a ici 36 boutiques. Dans le passé, chacun payait 80 000 FG. Aujourd’hui, chaque boutique paie 1 million de francs par mois. Récemment, les charges ont encore augmenté : on nous demande de payer 1 350 000 FG, c’est ce qui figure sur la facture.
Ce que nous demandons, que ce soit à la direction du stade ou au ministère des Sports, c’est de nous accorder un délai raisonnable, pour que nous puissions chercher un endroit où mettre nos affaires », a-t-il réagi.

Alsény Savané pour avenirguinee.org
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