Ce mercredi , une réunion d’urgence s’est tenue entre certaines Fédérations sportives, sommées de quitter le Stade du 28 septembre, actuellement en chantier. Sous la houlette d’Elhadj Ben Daouda, président du Comité Olympique, la rencontre a eu lieu pendant plusieurs heures au sein même du stade, en présence du ministre des Sports, Bogola Haba, qui a évité la presse à sa sortie.
À l’issue de la réunion, Elhadj Ben Nanssoko s’est adressé aux médias pour faire un compte-rendu teinté de déception.
Elhadj Ben Daouda, président du Comité Olympique, déclare :
« Nous avons reçu une correspondance du ministre en charge des Sports qui nous a laissés dans une inquiétude totale. Celle de nous déguerpir du stade sans nous proposer une solution de repli. Bien sûr, en ironisant, il nous a dit qu’il y avait un point de chute : c’est bien la rue. On l’a écouté respectueusement. On a commencé à lui exprimer notre inquiétude sur plusieurs aspects : le blocage et le frein des activités des différentes disciplines sportives, en dehors du football. Car le mouvement sportif est actif à travers ce stade. Et il y a toutes les disciplines qui y ont des sièges. Généralement, ces sièges ont été construits soit par l’effort de ces institutions, soit grâce à la coopération internationale. Alors, venir déguerpir sans prévoir un point de chute, ça crée des problèmes. Nous avons aussi soulevé une autre préoccupation : le blocage des activités du Comité National Olympique à cause d’une dette qui a été contractée pour permettre au football de participer à un événement à Paris. Ce sont les sujets que nous avons abordés durant un entretien de 45 minutes. »
Dans le même sens, Elhadj Nanssoko a renchéri :
« Le ministre, sur le point des rêves, parle d’un projet de rêve. Qui dit projet, dit rêve. Et surtout si ce n’est pas basé sur des éléments solides. Si le projet est réalisé, tant mieux. Mais pour cela, il faut que ce soit réaliste. Parce que si on me dit qu’il y a une sortie qui passe par l’université, je suis certain que la FIFA ou la CAF ne valideront pas ce projet. Et s’il évoque une sortie du côté de la terrasse, prévue pour des manifestations, comme une sorte de lieu touristique ou je ne sais quoi, la FIFA ne va pas valider cela non plus. Partout où un stade est homologué, les accès sont strictement réglementés. »
Sur la question du déguerpissement, le président a précisé :
« Nous n’avons pas eu à discuter, nous avons simplement écouté. Il nous a parlé d’un bâtiment en projet, qu’il essaie d’obtenir : un immeuble de 10 étages. Si on parvient à l’avoir, le ministère des Sports et certains déguerpis pourraient y être relogés. Mais ce n’est pas une solution acquise. Autrement dit, on est passé d’une promesse à un blocage. Les lignes n’ont pas bougé. Il n’y a eu rien de concret. Certains ont essayé d’ouvrir un débat avec lui, mais bon… c’était unilatéral. Ce n’était pas une discussion autour d’un sujet avec l’objectif de trouver des solutions. Il nous a demandé d’aller rencontrer M. Kourouma, chargé des infrastructures, pour d’éventuels échanges. »
Pour Elhadj Ben, les conséquences sont nombreuses et graves :
« Regardez, même là où nous sommes, la Fédération Guinéenne de Karaté : leurs installations sont difficiles à démonter. Et les envoyer où, en cette période ? Nous, au Comité Olympique, avons l’Académie Olympique, le siège, des documents, du matériel, un bâtiment. On va partir où exactement ? Sans parler des autres Fédérations qui sont aussi sur place. Certaines, face à cette situation, auront moins de mal, car elles ont des structures pour le football, le basket… Mais les autres verront leur champ d’action considérablement réduit. »

Alsény Savané pour avenirguinee.org
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