Elhadj Ben Daouda Nassoko, président en exercice du Comité Olympique Guinéen, a accordé une interview exclusive à avenirguinee.org dans laquelle il est revenu sur le processus ayant conduit à la nomination du nouveau sélectionneur du Syli National, Paulo Duarte, successeur de Michel Dussuyer. Il s’est également exprimé sur le cas de Kaba Diawara, ex-sélectionneur, qui n’a pas postulé cette fois-ci.
D’entrée de jeu, Elhadj Ben Nassoko a commenté le niveau de formation des entraîneurs locaux, avec une allusion à peine voilée à certains techniciens guinéens : « Tout récemment, j’ai suivi à la télévision un entraîneur guinéen, qui a suivi sa formation à l’étranger. Il disait avoir l’UEFA, mais il n’a pas l’UEFA Pro. Qu’il aille au-delà. Tous les autres, personne ne le dépasse. À part lui, c’est Kaba Diawara. Kaba Diawara a l’UEFA, mais il n’a pas l’UEFA Pro. Il ne peut pas être entraîneur du Syli. Ce monsieur-là ne peut pas être entraîneur, sauf peut-être pour une équipe nationale locale. »
Le président du Comité Olympique poursuit dans un ton ferme : « Tu viens là, tu vas te faire photographier avec les pêcheurs chinois, j’étais au Japon ou j’étais en France… Les informations, on ne peut plus les cacher. Ils n’ont qu’à se former. Tout le monde n’a qu’à se former dans son domaine. Et ne te compare pas à ton milieu-là, c’est petit. Sur le plan africain, mondial, compare-toi aux autres. Leur âge varie de 35 à 50 ans, ce sont des jeunes. »
Revenant sur le processus ayant mené à l’arrivée de Paulo Duarte, Elhadj Ben Daouda Nassoko souligne : « On a eu parmi les 5 entraîneurs un qui a 71 ans. Et, sur tous les plans, il est le meilleur. Son record, ce n’est pas en Afrique, mais dans les pays européens, à souligner. Malheureusement, c’est sa communication le souci, parce qu’il ne parle ni français ni anglais. Même s’il dit avoir un interprète, c’est aussi un atout. Mais, en conséquence, il a un salaire qui n’est pas discutable. Le salaire qu’il veut fait le double de certains candidats. »
Également président de la commission ayant piloté les travaux de sélection, Elhadj Ben Daouda partage ce que cette mission lui a apporté : « Ça m’a beaucoup servi, parce que j’étais obligé de rechercher des informations sur chacun d’eux individuellement. Je connais maintenant chacun, ce qu’il représente. Je suis allé au-delà. Sur le plan guinéen, je suis allé jusqu’à Kaba Diawara. Actuellement, il n’a pas atteint le diplôme requis. Comme il a disparu là, est-ce qu’il n’est pas en train de faire sa formation ces derniers temps ? Mais ça, c’est deux à trois ans aussi. C’est pour vous dire qu’on ne triche pas. Dire que j’ai fait cette formation dans tel pays, ce n’est pas compliqué pour mener les recherches. Tout est clair, ce n’est plus comme avant. »
Alsény Savané pour avenirguinee.org



