Jeudi dernier, après la signature du contrat du nouveau sélectionneur, le Portugais Paulo Duarte, notre rédaction est allée à la rencontre d’El. Ben Daouda Nassoko, président du Comité Olympique, pour évoquer le choix de l’ancien entraîneur des Étalons du Burkina Faso. Par ailleurs, Elhadj Nassoko a également présidé la commission chargée de conduire ce processus, qui a permis à la Guinée de recruter un nouvel entraîneur.
Interrogé d’entrée, Elhadj Ben Daouda déclare : « C’était un honneur et une marque de confiance à travers les charges que je devais obligatoirement assumer. Alors vraiment, j’ai trouvé du plaisir à partager la commission avec des personnes très objectives, qui n’ont en aucun cas voulu faire preuve de complaisance. On a fait un travail sérieux, un travail objectif, et on s’est appuyés sur la situation de chaque candidat. Certains, avant même que nous commencions l’examen des dossiers, ont été éliminés parce qu’ils ne remplissaient pas les critères de la FIFA pour être entraîneur. D’autres, bien qu’ayant les qualifications requises, n’ont pas envoyé les documents sollicités. C’est ainsi que la liste s’est progressivement rétrécie, jusqu’à ce que nous arrivions au nombre final. »
Poursuivant son analyse, le président du Comité Olympique révèle : « En dehors des documents et des demandes, ce que les candidats ont exigé à la commission – à savoir leur salaire, accompagnateur, médecin, etc. – nous nous sommes retrouvés finalement avec cinq profils. C’est à partir de ces cinq entraîneurs que M. Duarte s’est très facilement dégagé. Son expérience, ses diplômes et les informations que nous avons recueillies sur lui dans les pays où il est passé ont beaucoup pesé. C’est ce qui a conduit à son choix. C’est le choix qu’il fallait, même si nous aurions souhaité d’autres candidats avec peut-être plus d’expérience ou de résultats, mais qui n’ont pas soumis leur candidature. Nous avons fait avec ce que nous avions, et ce choix s’est imposé. »
Pour Elhadj Ben Nassoko, la refondation du football guinéen est une affaire collective, qui dépasse la personne du nouveau sélectionneur : « Ce n’est pas une affaire d’un seul homme. Cela commence par les clubs, la Fédération, l’État, et même la famille. Tout le monde doit contribuer, car c’est une chaîne. Un seul athlète, c’est une chaîne. Un grand joueur comme Guirassy, ce n’est pas en un an, deux ans, ou même cinq ans qu’on le prépare. Pour former un Guirassy, il faut au moins une dizaine d’années. Celui qui vient pour deux ans, ce n’est pas lui qui forme. Un entraîneur gère une équipe pour une période donnée. C’est un simple manager. Ceux qui forment, ce sont surtout les clubs d’où viennent les joueurs. En plus, il suit le championnat, les formations. Ce n’est pas lui qui forme. C’est précisé dans son contrat : il suit, mais il ne forme pas. »
Et d’ajouter : « S’il a des conseils à donner aux entraîneurs des jeunes ou des divisions inférieures, il le fera volontiers, d’autant plus qu’il résidera en Guinée. C’est un de ses atouts, comparé à d’autres sélectionneurs qui ne viennent que pour les matchs, puis repartent. Lui, il est venu pour vivre avec nous. Chacun doit connaître son rôle : l’athlète, le président de la Fédération, les présidents de clubs… S’ils outrepassent leur rôle, cela risque de nuire à notre football. Chacun doit rester à sa place pour que notre football avance. L’entraîneur a pour principal partenaire le Directeur Technique National (DTN). Il collabore avec lui non seulement pour l’équipe nationale, mais aussi pour contribuer au développement du football à la base. Les autres fédérations, ce sont ses patrons, mais sur le plan technique, elles n’ont rien à dire, absolument rien. »
Alsény Savané pour avenirguinee.org
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