Dans le but de lutter contre les effets de la pollution chimique, un projet ambitieux a été lancé ce mercredi à Conakry. Il vise à renforcer la synergie entre les grandes conventions environnementales internationales et à impulser une action nationale cohérente et durable en Guinée.
Le Conseil National de Gestion des Produits et Substances Chimiques a officiellement lancé le projet intitulé « Renforcement des capacités institutionnelles pour l’amélioration et la mise en œuvre de la synergie entre les conventions internationales et le GFC ». Ce projet, centré sur quatre conventions majeures Bâle, Rotterdam, Stockholm, Minamata ainsi que le Cadre mondial sur les produits chimiques (GFC), ambitionne de consolider les efforts nationaux en matière de gestion rationnelle des produits chimiques et des déchets dangereux, tout en protégeant la santé humaine et l’environnement.
La cérémonie de lancement a été présidée par le chef de cabinet du ministère de l’Environnement et du Développement durable, accompagné de cadres du ministère et d’autres responsables du secteur.
Intervenant en ligne, Félix Herzog, représentant du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), a souligné l’importance stratégique de ce projet :
« Le succès de ce projet dépendra de l’effort collectif. Il marque le début d’une collaboration qui requiert l’implication active de toutes les institutions concernées, pour contribuer au développement durable et à une Guinée sans pollution. »
Bangaly Dioumessy, coordinateur du projet, est revenu sur l’évolution des différentes conventions, en déplorant la dispersion des efforts dans leur mise en œuvre : « On a compris que les plans d’action de ces conventions visaient souvent les mêmes cibles : sensibilisation, formation, gestion des déchets… Il fallait donc les regrouper pour maximiser l’impact et économiser les ressources. »
C’est dans cette logique qu’un secrétariat de la synergie a été mis en place à l’international. Toutefois, une coordination locale reste encore à construire dans des pays comme la Guinée.
Le projet prévoit une série de mesures concrètes :
• Révision réglementaire : Un juriste analysera les textes existants, identifiera les lacunes et proposera une réglementation spécifique à la synergie des conventions.
• Renforcement des capacités : Les acteurs impliqués (Conseil national, points focaux, services de contrôle) recevront des formations pour harmoniser les actions.
• Création d’une base de données nationale : Celle-ci recensera les produits chimiques et déchets dangereux présents dans le pays, et sera accessible aux opérateurs.
• Élaboration d’un plan d’action pour les déchets dangereux : L’objectif est de catégoriser les déchets (hospitaliers, industriels, urbains) et d’en améliorer le traitement.
L’ambition est claire : mobiliser les parties prenantes, mutualiser les ressources, et instaurer un cadre d’action intégré. « Il ne s’agit plus d’agir en silo. Tous les points focaux doivent désormais regarder dans la même direction pour permettre une mise en œuvre efficace et durable des engagements internationaux », a-t-il souligné.
Prenant la parole au nom de la ministre de l’Environnement et du Développement durable, le chef de cabinet, Dr Diallo Baldé, a mis en lumière les enjeux stratégiques de cette initiative : « Ces conventions apportent chacune un cadre fondamental pour la réduction des risques liés aux produits chimiques et aux déchets dangereux. Mais leur mise en œuvre fragmentée crée des obstacles, tant institutionnels que financiers. »
Le projet, prévu sur une durée de trois ans, a pour objectifs majeurs de : • Renforcer les capacités institutionnelles et techniques pour une meilleure gestion des produits chimiques ;
• Améliorer la mise en œuvre des conventions à travers une approche intégrée ;
• Encourager le partage d’informations et de bonnes pratiques ;
• Impliquer activement l’ensemble des parties prenantes : pouvoirs publics, secteur privé, société civile, communautés locales ;
• Promouvoir une gestion responsable, respectueuse de la santé humaine et de l’environnement.
« Ce projet appelle à la prise de conscience collective. Chacun, à son niveau, doit mesurer l’ampleur des défis liés aux produits chimiques dans notre pays », a insisté Dr Baldé. Il a invité les participants à faire preuve de détermination, d’esprit collaboratif et d’engagement tout au long de la mise en œuvre.
En rassemblant les énergies autour d’un objectif commun un avenir plus sûr, plus sain et plus durable pour tous, la Guinée marque une nouvelle étape dans la lutte contre la pollution chimique. Elle affiche ainsi sa volonté de passer d’une posture réactive à une gouvernance proactive, structurée et solidaire.
À noter que cette rencontre a connu la participation de CGE-Gui.
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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