Alors qu’une série de manifestations est prévue en septembre par les Forces Vives de la Nation période qui coïncide avec l’organisation du référendum constitutionnel les avis sont partagés dans la capitale. Certains citoyens soutiennent l’initiative, tandis que d’autres la jugent inopportune et risquée.
Notre rédaction s’est rendue dans les rues de Conakry ce lundi 11 août 2025 pour recueillir l’avis de quelques citoyens.
« Il vaut mieux négocier que de perdre des vies humaines »
Rencontré dans le quartier de Bambeto, Abdoul Aziz Diallo, étudiant à l’UGLC-SC, estime que la rue n’est pas la meilleure solution : « Manifester n’est pas une bonne idée puisque nous savons que chez nous, cela n’a jamais porté de fruits. Voir des vies humaines partir pour rien, sans que la solution au problème ne soit trouvée, ça fait vraiment mal. Ces jeunes qui meurent comme ça sont le futur de notre nation. Donc, c’est mieux de privilégier la négociation au lieu de sortir dans les rues. »
« La manifestation est un droit, mais elle nous met en difficulté »
Même son de cloche chez Ibrahima Sory Kaba, un citoyen rencontré au même endroit : « Notre pays est pauvre, nous vivons du quotidien. Il faut travailler le jour pour pouvoir manger. C’est aussi vrai que la manifestation est un droit, mais elle nous posera problème puisque cela conduit toujours à des pertes en vies humaines. Les réalités de la Côte d’Ivoire sont différentes des nôtres. Là-bas, leur président veut briguer un quatrième mandat, mais chez nous, c’est une junte, et jusqu’à présent, le président ne s’est pas prononcé sur sa candidature. Donc le mieux serait de calmer. »
« Si des gens se battent pour nos droits, on doit les soutenir »
Tous les avis ne vont cependant pas dans la même direction. Mamadou Diallo, apprenti chauffeur de minibus (nom modifié à sa demande), pense qu’il faut accompagner la mobilisation : « Dans notre pays, rien n’est respecté. Nous-mêmes, nous n’avons pas d’emploi. Et si des gens veulent se battre pour nos droits, le moins qu’on puisse faire, c’est de les aider. En tout cas, ce qui est sûr, si la manifestation est organisée, nous irons. »
Pour rappel, les manifestations politiques sont interdites en Guinée depuis plus de trois ans. La question qui se pose désormais est : cet appel à manifester sera-t-il suivi ? Attendons de voir !
Sona Sylla pour avenirguinee.org



