Le quartier Simambossiyah, dans la commune de Lambanyi, a été frappé par une tragédie le 31 juillet dernier, suite à de fortes pluies qui ont causé d’importantes inondations et des pertes humaines. Parmi les victimes, M. Benjamin Kamano, un père de famille aujourd’hui complètement dévasté, a perdu en une nuit sa femme et ses trois enfants.
Dix jours après le drame, notre rédaction est allée à sa rencontre pour recueillir son témoignage. C’est un homme brisé que nous avons trouvé, vivant désormais chez son grand frère, loin de la maison familiale devenue pour lui un lieu maudit.
« C’est difficile, mais je suis entouré quand même de gens. Ils font tout pour moi. Je suis entouré de mes parents, ils me donnent des conseils… en tout cas, je suis consolé, » confie-t-il d’une voix tremblante.
Concernant les corps retrouvés, M. Kamano explique que deux d’entre eux ont été formellement identifiés. Le troisième, retrouvé vers la mer à Kobaya, n’était constitué que d’ossements.
« On me disait que c’était une fille. Mais moi, je n’ai vu que des os. Je ne pouvais pas savoir si c’était ma fille ou pas. C’était effrayant. Alors si c’est elle, cela veut dire que tous mes enfants ont été retrouvés. Mais je ne peux pas en être sûr. »
La douleur est immense. Pour cet homme, le vide laissé par la perte de ses enfants est indescriptible.
« Tous les enfants que j’avais dans la vie sont partis. Je suis seul. C’est comme si je n’avais jamais eu d’enfants. Ma vie est devenue zéro. Si c’était du matériel qu’on avait perdu, on pouvait comprendre… mais là, ce sont mes enfants. »
Le dernier corps retrouvé a été inhumé sur place, sur décision du procureur, compte tenu de son état de décomposition avancée.
Quant à l’idée de retourner vivre à Simambossiyah, M. Kamano la rejette catégoriquement : « Je ne veux même pas entendre parler de cet endroit. C’est devenu un lieu interdit pour moi. Chaque fois que je revois cette maison, c’est comme si le drame se reproduisait. J’ai peur d’y retourner. Je ne peux plus vivre comme avant. »
Malgré sa douleur, M. Kamano tient à remercier les autorités et les citoyens qui lui ont apporté leur soutien.
« Je remercie tous ceux qui sont venus. J’ai vu que le gouvernement a de la compassion. Trois ministres se sont déplacés, le chef du quartier est resté à mes côtés. On était tous dans la boue, sous la pluie, pour retrouver les corps. C’était comme si on avait le même père, la même mère. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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