À la suite des inondations dévastatrices survenues dans la nuit du 30 au 31 juillet 2025 à Conakry et ses environs, plusieurs pertes en vies humaines ainsi que d’importants dégâts matériels ont été enregistrés. Face à cette tragédie, le président du Parti Citoyen pour la Défense des Intérêts Collectifs , Hamidou Barry, a exprimé son profond regret lors d’une interview exclusive accordée à notre rédaction ce mardi 5 août.
« Je salue la mémoire, je m’intéresse heureusement devant les moments de disparu, et figurez-vous, le cas d’une inondation continue à être récurrent après chaque saison hivernale », a-t-il déclaré avec émotion, avant de critiquer le modèle d’urbanisation en Guinée. « C’est le moment pour moi de déplorer la façon d’urbanisation, le modèle d’urbanisation dont notre pays est en train de concevoir, parce qu’on a créé le Saint-Bahid Presqu’île. Encore une fois, on ne peut pas construire toute une capitale qui est le Saint-Bahid Presqu’île en fermant totalement les sorties et les canalisations d’eau. À un moment donné, il va falloir que ce gouvernement puisse jouer son rôle de normalisateur. On ne peut pas permettre aux Guinéens de s’abriter où il y a un risque énorme pour leur vie. »
Évoquant plusieurs quartiers particulièrement touchés par ces inondations, Hamidou Barry a pointé du doigt la dangerosité de certaines zones d’habitation : « Regardez le cas de Kisosso, le cas de Antafasa… voilà, c’est Mambosia. Il y a des endroits qui sont prohibés à l’habitation. On ne peut pas permettre aux Guinéens de s’abriter partout où ils veulent. Lorsque la loi est utilisée telle que nous la sollicitons, je pense que ça pourrait nous permettre à travers le Code foncier de limiter l’habitation. Mais à un moment donné, les Guinéens se permettent de tout. Regardez à Dubreka, les gens vont construire en bas de la montagne, sans laisser aucune distance. Vous avez vu l’effet de la pluie que cela a posé pour balayer près de 70 bâtiments. Heureusement que cela s’est effectué pendant que les gens ne dormaient pas, sinon il y aurait eu un dégât extrêmement important. »
Devant l’urgence de la situation, le leader politique appelle à des actions concrètes et durables : « Allons d’un point zéro pour aller de l’avant. Nous avons un problème qui se pose de manière récurrente, de manière perpétuelle. Je pense que la moindre des choses, c’est d’ouvrir les grandes canalisations de l’intérieur du continent vers l’océan. Nous sommes le seul pays où des Guinéens construisent derrière les corniches. C’est une très mauvaise politique. Partout ailleurs dans le monde, lorsqu’il y a une corniche, il n’y a aucune habitation derrière. Mais voyez chez nous la corniche qui arrive dans la presqu’île de Kaloum. Voyez les constructions qui poussent derrière. Cela empêche l’eau de s’acheminer vers l’océan. »
En guise de solution urgente, Hamidou Barry recommande : « Il faut mettre en place de grandes canalisations depuis l’intérieur du pays jusqu’à la mer pour faciliter l’évacuation des eaux de ruissellement. Le gouvernement doit stresser ce travail. À côté de ça, pour tous ces Guinéens qui habitent à des endroits à risque, il faut des déguerpissements. C’est la moindre des choses. On ne peut pas avoir des omelettes sans casser les œufs. On peut remplacer un bâtiment déguerpi, un bien perdu. Mais on ne peut jamais remplacer une vie perdue. »
Enfin, il a lancé un appel direct au président de la transition, le général Mamadi Doumbouya : « J’inviterai le général Mamadi Doumbouya à faire de la politique d’urbanisation un cheval de bataille, avec un modèle bien réfléchi pour Conakry et pour l’intérieur du pays. Il faut un modèle qui rassemble et qui ressemble à tout le monde. »
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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