Depuis la décision des autorités de transition, il y a quelques semaines, de retirer les permis d’exploitation à plusieurs sociétés minières opérant en Guinée, dont SD Mining dans la préfecture de Boffa, les populations locales vivent une situation économique et sociale préoccupante. L’arrêt brutal des travaux a mis à mal un équilibre fragile, nourri par des années de collaboration entre cette entreprise et les communautés riveraines.
Mohamed Lamine Camara, vice-président de la délégation spéciale de la commune de Tamita, alerte sur le ralentissement général des activités dans la zone : « L’impact est visible partout dans les districts concernés. L’engouement n’est plus le même. Ce n’est pas tout le monde qui travaillait directement dans les mines, mais beaucoup de personnes en dépendaient. Nos mamans, par exemple, avaient des activités générées autour des opérations minières. Aujourd’hui, tout est au ralenti, le train de vie de notre communauté est au point mort. »
Même constat du côté du chef de secteur de Borakhouré, Alseny Camara, qui évoque un sentiment d’abandon : « L’arrêt des activités de SD Mining nous a profondément affectés. Nous ne connaissons pas les raisons exactes, mais nous sommes inquiets. Nous lançons un appel au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour autoriser la reprise des travaux. C’est un président humaniste, qui a déjà résolu de nombreux problèmes dans le pays. Nous espérons qu’il agira aussi en notre faveur. »
De Soumbouadi, à quelques kilomètres de là, Naby Salifou Sylla, président du conseil de district, partage les mêmes préoccupations : « Depuis l’arrêt des activités, notre communauté en ressent les conséquences. Ce sont des centaines de Guinéens qui risquent de se retrouver au chômage si cela perdure. Nous demandons aux autorités de permettre la reprise des opérations. »
Les femmes, qui étaient indirectement bénéficiaires de l’emploi et des retombées sociales de la société minière, expriment également leur détresse : « Nos maris et nos enfants travaillaient dans cette société. Cela nous aidait énormément. Depuis l’arrêt, ils sont à la maison, sans revenu. Ce sont nous, les femmes, qui devons sortir chercher à manger pour la famille. Nous vivions bien avant, avec des écoles, des routes, des terrains de jeux, des emplois. Aujourd’hui, nous souffrons. Nous demandons aux autorités de se pencher sérieusement sur notre situation. »
À Boffa, l’arrêt des activités de SD Mining laisse place à un vide inquiétant. Infrastructure, emploi, initiatives communautaires… les retombées positives de la société sont aujourd’hui à l’arrêt, avec des conséquences directes sur des milliers de vies. En attendant une décision des autorités, les communautés interpellent le Général Mamadi Doumbouya, espérant un geste fort du chef de l’État pour un retour à la normale.
Fodé Camara pour avenirguinee.org



