Comme annoncé dans notre précédent article, les fortes pluies qui se sont abattues sur Conakry la nuit dernière a endeuillé des familles, notamment au quartier Sankoumbaya ( Sangoyah).
Selon les témoignages recueillis sur place, deux personnes ont perdu la vie : Salif Sangaré, âgé de 11 ans, et Alpha Camara, apprenti chauffeur de poids lourd, âgé de 20 ans. Ce dernier était venu passer la nuit chez son maître. Malheureusement, il ne se réveillera plus jamais.
Le père de l’enfant et maître de l’apprenti, Abou Sangaré, encore sous le choc, a livré son témoignage : « Je suis rentré vers 22h et j’ai trouvé mon apprenti en train de faire le thé. Quant à mon fils, il révisait ses leçons. J’ai demandé qu’ils aillent se coucher, ce qu’ils ont fait. Quand les pluies ont commencé, l’eau a emporté mon apprenti, et le mur s’est effondré sur mon fils. Mon apprenti a été retrouvé vers 5h du matin par des patrouilles. »
Ce drame s’ajoute à une longue liste de pertes humaines liées aux inondations récurrentes dans la capitale guinéenne, aggravées par l’urbanisation anarchique et le manque de drainage.
Sur les lieux du drame, le président de la délégation spéciale de Matoto, Moussa, s’est rendu en personne. Très affecté, il a exprimé son indignation : « Je suis exténué de voir un tel truc se passer dans ma commune, surtout dans un quartier qui est le mien. Ce sont les constructions anarchiques qui sont la cause. Si on fait les choses juste pour son intérêt personnel, pour avoir de l’argent sans que la sécurité des gens soit une priorité, c’est déplorable. Chaque année, le gouvernement interpelle les citoyens sur ce fléau, mais ça continue. C’est ce qui nous amène à ce genre de tragédie. Mes condoléances à la famille. »
Sur place, Sona Sylla pour avenirguinee.org



