Depuis l’interdiction de la coupe du bois au début du mois de juillet, les professionnels du secteur peinent à joindre les deux bouts dans leurs dépenses quotidiennes. Au micro d’AvenirGuinee, ce lundi 28 juillet à Dabondy, des vendeurs de bois et menuisiers ont expliqué leurs conditions dans cette période de rupture.
Pour les menuisiers, cette période est particulièrement difficile, car leur travail devient presque impossible. C’est le constat dressé par Ibrahima Sory Touré, menuisier à Dabondy Bafon :
« La coupe est interdite en ce moment et c’est une vraie casse-tête pour nous, à commencer par nos matériaux. Donc c’est difficile pour nous de vendre en ce moment. Et nous sommes des pères de famille. C’est uniquement ce travail qui est notre source de revenus. Et ceux qui nous approvisionnent en ce moment ont aussi augmenté. Nous achetons une planche entre 140 000 à 150 000 GNF, alors qu’avant l’interdiction, c’était entre 60 000 à 70 000 GNF.Donc à cette allure, nous aussi, nous augmentons un peu. L’armoire est à deux millions ou deux millions deux cent mille. La coiffeuse à neuf cent mille ou huit cent mille, et on le revendait moins cher que ça.
Donc que l’État nous vienne en aide pour avoir le bois. »
Du côté des vendeurs de bois, la situation est aussi tendue, même si certains s’y préparent chaque année. Alya Soumah, vendeur de bois à Dabondy, témoigne : « Ce qui est vrai ici, cette situation nous affecte, mais nous sommes habitués puisque c’est ainsi chaque saison. Cette saison, certains de nous sont allés faire un reboisement, et le lancement a été fait à Kissidougou. Donc quand cette période arrive, notre façon de travailler change automatiquement puisqu’il n’y a pas autre chose. Le stock qui est là, c’est ce que nous vendons, et les prix varient. Parfois les clients viennent pour crédire puisque vous en avez l’habitude, mais à cette période, c’est impossible. Si tu le fais, tu seras à court de fonds lorsque l’interdiction sera levée, et tu ne pourras pas mener ton activité. Le prix des bois est fixé à travers leur qualité. Les madriers sont au-delà de 200 000 GNF, ceux qui sont utilisés pour faire des meubles sont à un million, le chevron à 28 000 GNF, et ça pourrait aller jusqu’à 30 000.
En tout cas, tant que l’interdiction est prolongée, les prix seront haussés, puisque cela va faire que le produit se fait rare à présent. »
À rappeler que cette interdiction de coupe de bois est en vigueur jusqu’au mois de septembre.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



