La récente décision des nouvelles autorités guinéennes de fermer les usines de production d’eau minérale non enregistrées continue de susciter un vif débat dans la capitale. Si certains citoyens saluent une mesure salutaire pour la santé publique, d’autres y voient une décision précipitée, susceptible de compliquer davantage l’accès à une ressource vitale : l’eau potable.
Ce lundi 21 juillet 2025, à Gbessia, notre reporter est allé à la rencontre de quelques citoyens pour recueillir leurs avis sur cette mesure.
Mohamed Camara estime que cette décision est justifiée, notamment au regard des risques sanitaires liés à la prolifération incontrôlée de certaines marques d’eau minérale. « Ce que le gouvernement a fait, c’est très utile pour la population. Cela concerne notre santé, c’est pour éviter les maladies. Actuellement, n’importe qui se lance dans ce secteur. Donc si l’État prend des dispositions pour mettre fin à ce désordre, moi je suis très ravi. C’est l’État qui décide, et il le fait pour le bien de tous », a-t-il déclaré.

Ibrahim Kaba partage le même point de vue. Il considère que la qualité de plusieurs marques d’eau en circulation est douteuse : « J’apprécie cette idée, c’est une très belle décision. Tout le monde n’entretient pas bien cette eau, et cela peut devenir une source de maladies. Les premières usines agréées avaient une bonne qualité. Les autres, il faut les fermer », martèle-t-il.

À l’inverse, Aboubacar Fofana se dit préoccupé par les conséquences d’une telle fermeture sur l’accès à l’eau pour les populations :
« Moi je n’apprécie pas cette décision, car sans eau on ne peut rien faire. Même si tu ne manges pas, l’eau peut te soulager. Fermer ces usines va fatiguer beaucoup de personnes. Dire qu’ils ne sont pas propres, ce n’est pas vrai. Moi, quand je bois leur eau, je ne tombe pas malade », affirme-t-il.
Cette décision des autorités intervient alors que de nombreuses zones de Conakry souffrent encore d’un accès limité à l’eau potable. L’eau fournie par la Société des Eaux de Guinée (SEG) est souvent jugée non consommable par une partie de la population, qui se tourne vers les eaux en sachet ou en bouteille, produites localement. Plusieurs citoyens optent pour la règlementation du secteur, tout en favorisation l’installation des usages conformes aux normes.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



