En Guinée, les rails traversent plusieurs quartiers et marchés de Conakry ainsi que d’autres villes, où des milliers de citoyens vivent et mènent leurs activités quotidiennes, souvent à proximité immédiate des voies ferrées. Cette proximité, combinée aux habitudes de traversée imprudentes et aux activités commerciales, représente un risque majeur. Ce danger s’accentue particulièrement pendant la saison des pluies, période durant laquelle la visibilité est réduite et les distances de freinage des trains deviennent plus longues et complexes.
Il est important de rappeler que les statistiques sont alarmantes : plus de 150 incidents ferroviaires ont été enregistrés en Guinée entre 2020 et 2024, causant des décès et de graves blessures, pourtant évitables par la vigilance et la sensibilisation.
Face à cette situation préoccupante, l’ONG SOLUTEC, en partenariat avec plusieurs acteurs concernés, a décidé de relancer sa campagne annuelle de sensibilisation.
C’est à travers une conférence de presse tenue ce mercredi 16 juillet 2025 que les responsables de l’organisation ont lancé la 4ème édition de cette initiative sous le thème : « Campagne 2025 : Sensibilisation des populations riveraines le long des rails ».

Dans son intervention, Alice Doré, président de l’ONG, a insisté sur la nécessité d’éloigner les populations des abords immédiats des rails : « Cette rencontre est devenue un rendez-vous annuel à travers lequel nous lançons cette campagne de sensibilisation, qui pour nous est avant tout préventive. Les constats sont alarmants, mais ce n’est pas un fait nouveau. Ce que nous pouvons ajouter, c’est que les autorités actuelles, depuis leur arrivée, ont essayé de contribuer de manière concluante. Si vous remarquez, le long du chemin de fer, il y avait auparavant plusieurs commerces, des bars et des ateliers de soudure. Mais entre Kagbelen et le centre-ville, beaucoup d’aménagements ont été réalisés grâce à l’intervention du ministère des Transports, mais aussi avec l’appui des chefs de quartier et des jeunes riverains. Nous pouvons estimer que nos voix portent. Le ministère joue son rôle, les autres acteurs également, y compris l’entité minière Friguia, qui contribue aussi dans ce domaine. »
Il poursuit : « Chaque année, pendant la saison pluvieuse, nous lançons cette campagne de sensibilisation pour interpeller non seulement les ateliers de couture, mais aussi les écoles installées le long du chemin de fer afin qu’ils s’éloignent des rails. Il s’agit aussi de faire comprendre que le chemin de fer n’est pas un terrain de football, ni un lieu de commerce, encore moins un endroit où l’on peut traîner. Ce que nous voulons, c’est que chacun devienne un ambassadeur de la sécurité ferroviaire dans sa famille, auprès de ses collègues, dans son entreprise ou dans son environnement immédiat. C’est pourquoi, chaque année, plus de 15 à 20 jeunes sont mobilisés dans les différentes zones, de Kagbelen à la ville, pour travailler durant trois semaines à sensibiliser les populations sur les dangers liés au chemin de fer, qui a certes un rôle majeur dans le transport minier, mais peut aussi être fatal. »
Il conclut : « Dès demain, les interventions de terrain commenceront, avec la participation des personnes citées plus haut, mais aussi avec le soutien des autorités, des chefs de secteur, des chefs de quartier, ainsi que des responsables de marchés, particulièrement fréquentés en cette saison des pluies.
Voilà l’objectif que nous visons chaque année, et que nous relançons encore une fois dès demain. »
Ibrahima Sory Camara – avenirguinee.org
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