Chaque année, pendant la saison pluvieuse, la Guinée enregistre des inondations souvent mortelles. Déjà, alors que nous entrons dans cette période d’inquiétude, des cas d’inondations ont été enregistrés dans certaines zones du pays.
Dans une interview exclusive accordée à notre rédaction ce mardi 15 juillet 2025, l’activiste Moussa Iboune Conté a d’abord exprimé son profond regret face à la situation : « On parle de plus de 492 personnes blessées, de 7 décès. La mort d’un Guinéen est toujours regrettable, la perte de biens d’un Guinéen l’est tout autant. Je pense qu’aujourd’hui, il faut interpeller ceux qui ont bénéficié de la confiance des citoyens. Il faut reconnaître que l’État fait déjà beaucoup d’efforts, mais il est appelé à en faire davantage, notamment en dotant nos communes de fonds d’assainissement, au lieu de laisser cette responsabilité uniquement aux entités publiques », dit-il.
Il propose la mise en place de subventions en faveur des communes afin qu’elles puissent acquérir du matériel adapté, notamment des camions pour le curage des caniveaux. Iboun appelle également à la mobilisation communautaire : « Il faudrait accorder une petite ligne de subvention aux communes pour leur permettre de se doter de matériel nécessaire au nettoyage. À leur tour, les communes doivent mobiliser les conseils de quartier, même avec de modestes subventions, afin que chaque quartier dispose d’un comité constitué de jeunes et de femmes volontaires pour assurer l’assainissement. La commune pourrait intervenir en appui technique pour enlever les dalles et rendre les caniveaux accessibles, pendant que les jeunes procèdent au curage. On pourrait aussi faire appel à l’investissement humain, comme cela se fait dans d’autres pays ».
Plus loin, il insiste sur la nécessité d’une réforme structurelle : « Je crois qu’il est extrêmement important de décentraliser l’assainissement, de l’institutionnaliser et de responsabiliser les communes, comme le prévoit le Code des collectivités. Si l’État met les fonds nécessaires à disposition, les communes pourront assainir efficacement les quartiers. Cela implique aussi de corriger la mauvaise urbanisation de Conakry. Beaucoup ont construit sur le lit des eaux, d’autres ont carrément bouché les canaux d’évacuation, ce qui crée des engorgements et des débordements à l’origine des inondations, des pertes matérielles et humaines. »
Il conclut en appelant à une réaction rapide : « Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Il faut réaménager les zones où les eaux de ruissellement sont bloquées et créer des caniveaux là où il n’y en a pas. Même avec des moyens modestes, c’est possible. Aujourd’hui, comme on le dit souvent, nous sommes dans la gueule du caïman. Mais il est encore temps d’agir. Les conseils de quartier, les présidents des délégations spéciales, avec les moyens disponibles, doivent descendre sur le terrain, commencer à curer des caniveaux, et procéder à la démolition des maisons qui obstruent le passage de l’eau pour éviter d’autres drames ».
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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