En cette saison d’hivernage, souvent marquée par une recrudescence des maladies hydriques, la qualité de l’eau potable devient une préoccupation majeure pour les populations. Pourtant, malgré les recommandations sanitaires réitérées par les médecins sur l’importance de consommer de l’eau propre, la réalité sur le terrain est tout autre.
La rédaction d’AvenirGuinee a effectué un constat ce lundi 7 juillet 2025 dans la commune de Gbessia, notamment dans les quartiers Koloma et Cité de l’air, où l’eau des robinets se révèle impropre à la consommation, provoquant une vive inquiétude chez les habitants.
La formule universelle enseignée en chimie selon laquelle « l’eau est incolore, inodore et sans forme propre » semble loin d’être respectée par la Société des Eaux de Guinée (SEG). Dans plusieurs quartiers, c’est de l’eau trouble et boueuse qui coule désormais des robinets.
À Koloma, Mahawa Camara, visiblement inquiète, décrit une situation alarmante : « Dans ces deux derniers jours, c’est l’eau boueuse qui sort de notre robinet, et ça nous inquiète. Moi-même, je n’ai pas puisé aujourd’hui car c’est imbuvable. Même s’ils sont en train de nettoyer les grands tuyaux, ils doivent nous en informer, pour qu’on prenne nos précautions. En attendant, on se contente de notre eau de forage qui est plus propre que celle du robinet. Mieux vaut ça que de boire de l’eau sale et tomber malade », a-t-elle déploré.
Même constat à la Cité de l’air, où Fanta Camara affirme ne plus voir d’eau claire depuis les premières fortes pluies.
« Depuis que les pluies diluviennes ont commencé, nous n’avons plus vu d’eau propre dans nos robinets. L’eau qui sort est vraiment boueuse. Si tu laisses reposer quelques minutes, tu as même peur de la boire. C’est pourquoi on se contente de l’eau du puits. Je n’ai pas les moyens pour acheter de l’eau minérale. Heureusement, on désinfecte le puits avec de l’eau de Javel et on ne remarque pas de vers dedans », a-t-elle confié.
Dans une capitale où toutes les zones ne sont pas desservies régulièrement en eau potable, les quartiers raccordés au réseau de la SEG peinent également à bénéficier d’un service de qualité. À Koloma et à la Cité de l’air, les habitants dénoncent un manque de communication et une gestion opaque des problèmes techniques.
Contacté par notre rédaction, un agent de la SEG a refusé de s’exprimer, indiquant ne pas être autorisé à communiquer.
En attendant une communication officielle, les populations s’organisent comme elles peuvent, entre forages, puits traditionnels et recours aux solutions de désinfection domestique. Mais la question reste posée : jusqu’à quand les Guinéens devront-ils consommer une eau de qualité douteuse, au péril de leur santé ?

Sona Sylla, pour AvenirGuinee.org



