Sega Diallo, ancien vice-président du Comité de Normalisation (CONOR) de la Fédération Guinéenne de Football, est récemment sorti de son silence pour commenter les mauvaises prestations du Syli National.
Lors d’une rare prise de parole, l’ancien journaliste est revenu sur plusieurs aspects liés aux performances de l’équipe nationale. Il a notamment abordé les préparatifs avant les voyages, les moyens logistiques mis à disposition, l’environnement autour de l’équipe, ainsi que le litige Guinée vs Tanzanie.
Sega Diallo déclare : « La difficulté du Syli, ce n’est pas tant le talent des joueurs que toute la logistique qu’il y a autour. On ne se qualifie pas à la CAN parce qu’on avait énormément de déplacements.
On se déplace pour venir à Abidjan jouer nos matchs, ça fait 6 heures de vol pour les joueurs. Pourquoi jouer au Maroc ? Parce qu’on était à 2 heures de partout en Europe. Deux heures de vol, c’est différent de six heures de vol. Donc, quand tu fais deux heures de vol, tu peux arriver et t’entraîner le soir. Mais quand tu fais six heures de vol, il faut qu’on te ménage. Donc ça a impacté les déplacements. On les programmait trois jours avant le match. On arrive, ça coûte un peu plus cher, mais ça permet de récupérer une journée, de s’entraîner normalement, de reconnaître le terrain et de s’acclimater. »
Poursuivant son analyse, le président de Bolonta FC ajoute : « On ne gagne pas à tous les coups, mais ça nous a permis de réussir des coups comme ça. D’aller gagner des matchs qui nous ont permis, in fine, d’être bien en place. Mais quand quelqu’un arrive à la fédération, il a envie de mettre sa main, sa patte, de placer ses hommes.
L’idée pour nous, c’était de mettre en place une équipe compétitive, tant au niveau de l’administration fédérale qu’au sein des staffs. Ceux qui arrivent ont la latitude et la décision de changer, mais ils doivent changer pour mieux que ce qui était là. Si tu changes et que tu mets en place quelque chose de moins performant pour les athlètes… Aujourd’hui, les joueurs guinéens, par patriotisme, ne se sont pas plaints. Mais les conditions étaient exécrables durant ces éliminatoires. Cela n’excuse pas qu’on se fasse éliminer par la Tanzanie, qu’on perde contre la Somalie en éliminatoires, ou qu’on fasse match nul contre la Somalie à domicile, ou encore qu’on perde en Ouganda. »
Concernant l’environnement autour de l’équipe nationale, Sega Diallo précise : « Au moment du CONOR, l’équipe était mise dans des conditions telles que les joueurs et le staff étaient dans un hôtel, et personne d’extérieur n’avait le droit d’y séjourner.
Depuis l’arrivée de la nouvelle équipe, tout le monde, y compris des influenceurs, se retrouvait parfois avec les joueurs.
On a besoin des influenceurs pour donner plus de visibilité à l’équipe, mais il faut quand même savoir raison garder.
En équipe de France, avez-vous déjà vu un influenceur y entrer ? Ce n’est pas possible.
Si un joueur est ami avec toi, il peut te permettre de discuter avec lui, mais tu ne fais pas ton business sur le dos d’une équipe nationale.
Il faut comprendre que, lorsque l’équipe est dans un environnement sécurisé et tranquille, les joueurs se concentrent mieux sur les matchs.
Mais s’il y a 40 à 60 personnes qui se promènent en permanence autour de l’équipe, elle ne peut pas être performante. »
Sur le litige Guinée vs Tanzanie, Sega Diallo estime qu’il faut tourner la page, bien que le dossier soit actuellement au niveau du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) :
« Si on avait continué sur la progression amorcée par le CONOR, si on avait laissé Kaba poursuivre son projet ou même après son départ, s’il y avait eu une certaine continuité on n’aurait pas connu cette cassure. »
Alsény Savané pour avenirguinee.org
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