Depuis plus d’un an, les mouvements de soutien aux actions du CNRD et à son président, le général Mamadi Doumbouya, se multiplient à travers le pays. Qu’il s’agisse d’acclamer les « acquis » ou d’encourager une éventuelle candidature du chef de la transition à la future présidentielle, les prises de position publiques se succèdent. Pourtant, lorsque l’on interroge les présidents de ces mouvements sur les raisons de leur soutien, peu répondent clairement pourquoi les Guinéens devraient accompagner les actions du CNRD.
Interrogé sur ce sujet ce vendredi 04 juillet 2025, Elhadj Madifing Diané, ancien ministre de la Sécurité et ex-gouverneur de Labé, a livré sa propre lecture des faits lors d’une interview exclusive accordée à la rédaction d’avenirguinee.org.
Selon lui, « les raisons sont très simples. Pour moi, je peux confirmer qu’après 60 ans de colonisation, avec tout le contenu qu’il y a dedans, la Guinée est sortie de cette domination coloniale par une équipe de jeunes. Sékou Touré, à la création du PDG-RDA le 14 mai 1947, n’avait que 25 ans. À l’accession de notre pays à l’indépendance, il a été élu président de la République à 36 ans. Il était le plus jeune président du monde. John Kennedy s’en réjouissait, car il était à cette époque le plus jeune président élu des États-Unis d’Amérique. »
Évoquant le contexte de l’époque, il souligne la jeunesse de l’équipe de Sékou Touré et leur engagement face aux réalités du peuple : « Ces jeunes ont regardé la souffrance de leur population sous l’empereur colonial, ils sont nés dedans. Ils ont vécu cette réalité. Sékou Touré avait vécu 22 ans de colonisation. Il nous en a libérés avec ses camarades. Tenez-vous bien, il était plus âgé que Saïfoulaye Diallo d’un an. Ces jeunes ont œuvré pour des projets sociaux de valeur : émancipation des femmes, jeunesse mise en avant. Le pays tout entier était en chantier. »
Pour l’ancien ministre, une rupture a été marquée en 1984, mais une dynamique similaire semble aujourd’hui en marche.
« De 1984 jusqu’à ce régime du CNRD, je n’ai jamais vu toute la Guinée en chantier. Ce ne sont pas des plans triennaux ou quinquennaux, mais des plans de développement quasi général, touchant les infrastructures de vie. Le Général Mamadi Doumbouya avait 41 ans à sa prise de pouvoir, il en a 45 aujourd’hui. C’est un retour de l’histoire de la Guinée. Et dans la symbolique, on ne peut, par foi et conviction, que les accompagner. »
Pour Elhadj Madifing, il s’agit d’une reconstruction nationale :« Ce régime nous a sortis de la période coloniale. Il nous avait laissé 358 unités industrielles. Aucun enfant ne payait un franc pour sa scolarisation. L’emploi des jeunes diplômés était garanti. Aujourd’hui, les gouvernants parlent de refondation. Moi, je parle de reconstruction. Toute la Guinée est en transformation. Si on les accompagne, ils peuvent laisser une base solide, économique, sociale et politique. »
Dans un message adressé à ses concitoyens, il insiste : « Ma conviction, c’est que si les Guinéens comprennent comme moi, même si je ne suis qu’un, je prie Dieu pour que la majorité voie cela ainsi. Ces jeunes qui nous ont libérés en 1958 reviennent aujourd’hui pour reconstruire. »
Quant à une éventuelle candidature du Général Doumbouya, l’ancien ministre répond : « Ce n’est pas la question essentielle. Candidat ou pas candidat, l’effort sur le terrain est très appréciable. Donnons-leur le temps de solidifier ce qu’ils ont engagé. Allah donne le pouvoir à qui Il veut. Le sens qu’il a donné à ce pays, c’est ce que nous vivons aujourd’hui. Et nous prions que cela nous mène vers la prospérité, l’unité et la paix. »
Ibrahima Sory Camara pour AvenirGuinee.org
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