Dans un communiqué lu récemment sur les ondes de la télévision nationale, le gouvernement a annoncé la suspension de la coupe du bois à partir du 7 juillet. Une décision qui n’est pas sans conséquence sur les professionnels du secteur, notamment les menuisiers, dont les activités dépendent directement de la disponibilité du bois.
La rédaction d’avenirguinee.org s’est rendue à Dabondy Bas-fond ce vendredi 4 juillet 2025 pour recueillir les réactions de ces acteurs touchés en première ligne.
Mohamed Lamine Daffé, maître menuisier, rencontré dans son atelier situé à quelques mètres de la route Niger, témoigne de la difficulté à venir.
« Vous savez, cette décision nous fatigue. Quand la coupe du bois est bloquée pour trois mois, ça va vraiment nous impacter puisqu’il n’y a plus de rentrée possible pour les bois, et c’est dans cette activité que nous cherchons notre quotidien », a-t-il déclaré d’entrée.
Daffé se montre d’autant plus inquiet que les délais annoncés ne sont, selon lui, pas toujours respectés.
« Parfois, quand on donne une date, ce n’est pas respecté. Comme l’année dernière, ça a duré sept mois au moins, et quand c’est comme ça, cela nous fatigue énormément. »
Face à la rareté annoncée du bois, les répercussions économiques sont déjà envisagées par les artisans.
« Dès que ça commence, on sera obligés d’augmenter le prix de nos différents produits. Nous n’avons pas le choix, puisque c’est aussi difficile pour nous d’avoir les bois. Il faut savoir qu’en ce moment, nous vendons les armoires, bibliothèques, coiffeuses ou même les lits à trois millions de francs guinéens, quel que soit le type de bois. Mais dès qu’il se fait rare, ça va carrément grimper, sincèrement. »
En conclusion, le maître menuisier adresse une doléance aux autorités : « Mon message à l’encontre des autorités : c’est vrai que bloquer la coupe du bois est bien, mais le délai posé doit être respecté. Nous leur demandons cela, puisque nous sommes aussi des pères de famille, et dans cette activité, nous subvenons à leurs besoins. Si l’État ne revoit pas le respect de la date, cela nous pose énormément de difficultés. »
Cet arrêt temporaire de la coupe du bois intervient à un moment où les efforts de reboisement restent faibles, soulevant des interrogations sur la gestion durable de cette ressource essentielle.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



