À Conakry, de nombreuses jeunes filles ont recours à la pilule contraceptive pour se prémunir contre les grossesses non désirées. Si cette méthode de contraception est largement utilisée, elle n’est pourtant pas sans risques. Des spécialistes de la santé tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme sur ses effets secondaires, parfois graves, notamment en lien avec le cancer du sein.
Dans un entretien accordé à avenirguinee, le Dr Mamadou Keita, médecin cancérologue à l’hôpital national Donka, met en garde contre une utilisation non encadrée de ces produits. Selon lui, loin d’être inoffensives, les pilules contraceptives doivent faire l’objet d’une prescription médicale rigoureuse.
« Ce sont des médicaments qui doivent être prescrits par des médecins spécialistes ou formés à leur usage. Toutes les femmes ne sont pas éligibles à ce type de contraception. Certaines, en raison de leur état de santé, peuvent courir un risque accru de développer des maladies graves, comme le cancer du sein », affirme-t-il.
D’après le Dr Keita, les pilules contraceptives qu’elles soient injectables ou en implant exposent certaines femmes à une production prolongée d’œstrogènes, une hormone liée au développement du tissu mammaire. Une surproduction de cette hormone peut, à long terme, favoriser l’apparition de cellules cancéreuses dans les seins, notamment chez les femmes présentant déjà des facteurs de risque.
« Les femmes obèses, celles ayant des seins denses ou une prédisposition génétique, ne doivent pas recevoir ce type de traitement. La pilule peut entraîner une prise de poids, perturber les équilibres hormonaux et exposer certaines à l’ostéoporose ou au cancer du sein
Le spécialiste insiste sur l’importance de consulter un médecin avant de commencer tout traitement contraceptif. Des structures spécialisées comme les services de planning familial existent pour orienter les femmes vers la méthode la plus adaptée à leur profil de santé.
« On ne peut pas généraliser la prescription de pilules. Il faut d’abord identifier les femmes à risque, car ce n’est pas une méthode de contraception universelle. C’est un choix médical, pas simplement social », martèle le cancérologue.
Malgré les risques, de nombreuses jeunes femmes continuent de prendre la pilule sans suivi médical, souvent pour fuir la pression familiale ou les jugements sociaux liés aux grossesses précoces. Ce choix, bien que compréhensible, expose à des conséquences sanitaires potentiellement graves.
Si les pilules contraceptives ne sont pas directement liées au cancer du col de l’utérus, leur lien avec le cancer du sein est de plus en plus évoqué dans la communauté médicale. En revanche, d’autres alternatives comme le dispositif intra-utérin (DIU) sont jugées plus sûres dans certains cas, a confié le spécialiste.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



