Chaque 16 juin, le monde célèbre la Journée de l’Enfant Africain, en hommage aux enfants tués à Soweto, en Afrique du Sud, lors des manifestations de 1976 pour un meilleur accès à l’éducation. Cette année, la Guinée a marqué cette journée en différé ce lundi, à travers une cérémonie organisée par le ministère de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables. L’événement, placé sous le thème « Planification et budgétisation des droits de l’enfant : progrès depuis 2010 », a également marqué la clôture du Mois de l’Enfant Guinéen, lancé depuis le 1er juin dernier.
Cette cérémonie a réuni plusieurs personnalités : des membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, les 13 présidents des délégations spéciales des communes de Conakry, ainsi que la représentante du Gouverneur de la ville.
Dans son discours, Mariame Diallo, présidente du Parlement des Enfants de Guinée, a exprimé les attentes des enfants à l’endroit des autorités :
« Cette journée est dédiée à la mémoire de nos camarades de Soweto, mais aussi à la mobilisation sociale pour notre bien-être. Le Parlement des enfants a mené une immersion dans 12 communes de Conakry afin d’identifier les besoins prioritaires des enfants à prendre en compte dans la planification programmatique. »
Elle a ensuite présenté plusieurs doléances :
- Augmenter les allocations budgétaires dans les secteurs sociaux sensibles à l’enfance.
- Intégrer les besoins spécifiques des enfants dans les plans de développement locaux et nationaux.
- Promouvoir la participation des enfants au suivi des politiques publiques.
- Investir dans la collecte de données fiables sur l’enfance pour une meilleure prise de décision.
Elle a également salué l’engagement du gouvernement : « Je remercie le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour sa volonté de bâtir une Guinée inclusive et protectrice des droits de l’enfant. »
Dans son intervention, Charlotte Daffé, ministre de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, a souligné la portée de cette célébration :
« La Journée de l’Enfant Africain est un appel à l’action collective. L’Union Africaine nous invite à réfléchir aux progrès accomplis depuis 2010. Il ne faut pas voir la planification et la budgétisation des droits de l’enfant comme des charges, mais comme des investissements stratégiques. »
Elle a cité des chiffres concrets :
- Le budget dédié à la protection de l’enfant est passé de moins d’un milliard à 5,3 milliards GNF entre 2020 et 2025.
- Les allocations globales aux ministères en charge de l’enfance, la santé et l’éducation sont passées de 871 milliards GNF en 2010 à 5,53 milliards GNF en 2025.
Tout en saluant ces avancées, la ministre a appelé à ne pas relâcher les efforts :
« L’ampleur des besoins reste énorme. Le CNRD œuvre à l’émergence d’élites à travers des écoles comme le Prytanée militaire. Mais il faut élargir cette ambition aux zones rurales, où les talents restent invisibles. »
Parmi les initiatives à venir :
- Mise en place d’un système national de gestion et de suivi des enfants dans les orphelinats et centres d’accueil.
- Ouverture de crèches dans les universités et zones économiques pour femmes.
- Création de programmes de protection et de bien-être pour recentrer les interventions et mobiliser davantage de ressources.
La journée s’est achevée par un panel de discussions portant sur la budgétisation sensible aux besoins des enfants de Guinée, en présence d’acteurs institutionnels et de la société civile.
Ibrahima Sory Camara – AvenirGuinée.org
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