Ces derniers temps, la Guinée et plus précisément sa capitale Conakry fait face à une hausse inquiétante du nombre de jeunes victimes de la drogue Kush. Rien qu’hier, mardi 24 juin 2025, quatre jeunes sont décédés à Kagbelen après avoir consommé cette drogue destructrice. Ce fléau suscite l’indignation et pousse les acteurs de la société civile à interpeller les autorités pour une réaction rapide et ferme.
Dans une interview accordée ce mercredi 25 juin 2025, Moussa Sangaré, président de la CONASOC, a exprimé sa consternation face à la gravité de la situation.
« J’ai été profondément attristé d’apprendre qu’un autre jeune a succombé à cette drogue. »
Selon lui, plusieurs facteurs aggravent le phénomène, notamment la porosité des frontières dans l’espace CEDEAO.
« Aujourd’hui, avec la CEDEAO, les frontières sont poreuses. Avec cette libre circulation des personnes, tout le monde passe facilement. Il faut instaurer un contrôle rigoureux. Même si quelqu’un doit rentrer, au moins qu’on vérifie ses colis, surtout ceux qui font des allers-retours fréquents. S’ils n’ont rien, qu’ils passent, mais il faut vérifier ».
Moussa Sangaré a appelé les autorités à agir avec rigueur contre les importateurs, distributeurs et facilitateurs de cette drogue, affirmant que le fléau « ronge la jeunesse guinéenne ».
Il a aussi évoqué la situation socio-économique des jeunes comme un facteur de vulnérabilité : « La plupart des jeunes qui consomment ça sont désœuvrés. Un jeune qui travaille ou qui se débrouille, je ne pense pas qu’il irait fumer Kush. Ce sont des jeunes qui se sentent perdus, sans espoir, et qui croient que la drogue est un moyen d’oublier leurs problèmes. »
L’activiste a également lancé un appel fort à la jeunesse guinéenne, les exhortant à se détourner des drogues et à s’orienter vers les formations professionnelles : « J’appelle les jeunes à laisser toute forme de drogue et à se consacrer à l’essentiel : la formation. Quand on dit qu’il n’y a pas de travail, formez-vous ! Même si la Guinée crée des milliards d’emplois, seuls les jeunes qualifiés seront recrutés.
« Ne soyez pas surpris de voir des étrangers travailler dans les projets miniers ou dans le projet “ciment doux”. Les jeunes doivent s’orienter vers des formations techniques adaptées aux besoins du pays : soudure, plomberie, électricité… Ce sont des métiers d’avenir. »
Il a insisté sur la nécessité de recycler même ceux qui ont terminé l’université, pour qu’ils puissent intégrer les grands projets nationaux.
Enfin, Moussa Sangaré a appelé les forces de défense et de sécurité à empêcher l’entrée et la circulation de toutes les drogues, et plus particulièrement du Kush : « Tous ceux qui importent, distribuent ou facilitent l’entrée de cette drogue doivent être interpellés avec la dernière énergie. Kush est une drogue de fabrication artisanale, mélangée par des pseudo-chimistes qui ne respectent aucune norme. Elle tue nos jeunes ».
Et de conclure, « Un enfant que l’on élève jusqu’à 20 ans, et qui meurt pour une futilité pareille, c’est insupportable. Ceux qui pensent que fumer les aide à oublier leurs soucis se trompent. La drogue ne fait qu’aggraver les problèmes, elle détruit la santé et plonge les familles dans la souffrance ».
Ibrahima Sory Camara pour avenirguinee.org
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