À la suite de la sortie médiatique du Premier ministre, chef du gouvernement Amadou Oury Bah, concernant la fermeture du dépotoir d’ordures de Dar-Salam, la rédaction d’avenirguinee s’est rendue sur le terrain ce mardi 24 juin pour recueillir l’avis des habitants, qui entrevoient à l’horizon une lueur d’espoir.
Vêtu d’un t-shirt blanc, d’un jean et assis devant un cabaret à quelques mètres de la montagne d’ordures, M. Abdoulaye Dinos Camara, secrétaire administratif du secteur Rail, dit ressentir un sentiment de joie et d’espoir : « Quand j’ai vu le Premier ministre ici, c’était pour moi une joie immense et un espoir, puisque nous souffrons ici à cause du dépotoir. Il y a assez de maux auxquels nous faisons face, à commencer par la fumée et l’odeur nauséabonde… Donc, nous espérons et restons optimistes que le PM et le président nous aideront enfin à nous débarrasser de cela. Et si ce n’est pas le cas, nous continuerons notre combat à travers un sit-in, car nous le faisons pour tout le monde, y compris pour le pays. Ici, c’est le cœur de la capitale, et cette fumée se répand jusqu’à d’autres quartiers, même ceux qui sont loin de Dar-es-Salam », a-t-il laissé entendre.
Même son de cloche du côté de Thierno Boubacar Diallo, président des jeunes du secteur 1 : « La bonne volonté du Premier ministre s’est manifestée par son déplacement, et à travers cela, nous gardons espoir qu’il veuille nous aider à enlever cette montagne d’ordures. Certes, il y a d’autres familles ici qui vivent de ces ordures, mais elles sont conscientes que c’est un danger pour leur santé. Donc, elles ne s’opposent pas à notre combat. Sur ce point, nous nous entendons très bien. Je démens toute personne qui dirait qu’il y a des habitants contents de la situation à Dar-Salam. Beaucoup sont partis à cause de la fumée. Nous, ceux qui sommes restés, c’est parce que nous n’avons pas les moyens de partir et que nous n’avons nulle part où aller », a-t-il déploré.

Djalicatou Diallo, présidente des femmes de Dar-es-Salam, partage le même cri de cœur : « Vous voyez, ici, depuis le temps du professeur Alpha Condé, ce sont nos maisons qu’ils ont démolies lorsqu’il y a eu des dégâts, avec des morts à la clé. L’état des lieux fait pitié. Ici, c’est le cœur de la capitale. Sur radar, on peut même apercevoir le palais présidentiel. Que le gouvernement nous aide à débarrasser tout ça ! Toutes sortes de choses viennent ici, même des cadavres. Quand ça brûle, nous respirons cette fumée. Moi-même, cela trouble ma vision quand il y a trop de fumée. Nous mettons nos deux mains sur le dos pour que le gouvernement nous aide à enfin nous en débarrasser », a-t-elle déclaré.
À rappeler que Dar-es-Salam reste le plus grand dépotoir du pays. Même les ordures de la haute banlieue, notamment celles de Coyah et Dubréka, y sont déversées.
Sona Sylla pour Avenirguinee.org



