Le président du Conseil National de la Transition (CNT), Dr Dansa Kourouma, a reçu ce mardi 17 juin à Conakry son homologue libérien, Richard Nagbe Koon, président du Parlement du Liberia. Cette rencontre, tenue au siège du CNT, s’inscrit dans le cadre des discussions relatives à la création d’un Parlement sous-régional de l’Union du Fleuve Mano, regroupant la Guinée, le Liberia, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire.
À l’issue d’un échange à huis clos entre les deux présidents d’institutions, Dr Dansa Kourouma s’est exprimé devant les médias pour souligner l’importance de cette initiative. Selon lui, la mise en place de ce Parlement vise à mieux représenter les peuples de l’espace Mano River, une région qu’il décrit comme « un espace d’intégration naturelle », doté de ressources hydriques, forestières, agricoles et minières communes.
« Nous allons très prochainement organiser une réunion à l’initiative du Libéria, qui va se tenir sûrement à Monrovia, où les quatre présidents des parlements des pays concernés vont se réunir pour essayer de poser les bases, les conditions et les modalités de mise en place de ce Parlement sous-régional, pour parachever le processus d’intégration réel de la Mano River », a déclaré Dr Kourouma.
Il a également salué la démarche du président Koon et de sa délégation, venus par voie terrestre, symbole de la proximité entre les pays. Il a rappelé l’existence d’un bateau reliant les différentes capitales par la mer, et les multiples atouts favorables à une « vraie intégration », tout en insistant sur la nécessité de tirer les leçons du passé.
Dr Kourouma a identifié trois défis majeurs pour faire avancer ce projet :
Le défi de la légitimité :
« Cette légitimité doit venir de nos peuples. C’est les aspirations des peuples des quatre États qui doivent être traduites en vision politique et institutionnelle. Le peuple doit être au cœur, l’alpha et le méga de tout processus d’intégration réel et durable. »
Le défi infrastructurel :
« Il faut vous donner les moyens de construire les infrastructures qu’il faut : transport, communication, et pour abriter les institutions issues de cette intégration. »
Le défi de l’engagement politique :
« Quelle que soit la volonté du Parlement, il tire sa légitimité du peuple. Et vous ne pouvez pas avoir les moyens sans un réel engagement des présidents et des gouvernements des différents États. »
Pour sa part, le président du Parlement libérien s’est réjoui de l’accueil reçu et de la réponse favorable des autorités guinéennes à leur proposition.
« Tout d’abord, je veux remercier mon frère et mon ami, le président du Conseil National de la Transition, pour l’acceptation de notre invitation ainsi que de ma délégation. Nous sommes bien reçus et nous pensons que nous allons nous réciproquer sur la visite au Liberia », a déclaré Richard Nagbe Koon.
Il a poursuivi en mettant en avant les objectifs de cette démarche régionale : « Le message d’aujourd’hui était une proposition que nous avons apportée au Conseil. Ils sont en transition, mais nous savons qu’ils jouent aussi un rôle majeur dans l’Union Mano River. Cette Union… j’ai appris à mettre en place cette projection pour aider les quatre pays, pour que le gouvernement parlementaire puisse s’organiser pour protéger l’issue des conflits à différents niveaux, en termes d’infrastructures, d’amélioration des jeunes, de sécurité, pour que les quatre pays se réunissent ensemble. »
Cette rencontre marque une étape significative dans le processus de coopération parlementaire régionale, posant les jalons d’une future entité législative sous-régionale au service de l’intégration et du développement durable.
Sona Sylla pour avenirguinee.org



