Du 2 au 30 août 2025, l’Afrique vibrera au rythme du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), organisé sous l’égide de la Confédération Africaine de Football (CAF). La phase finale de cette édition se tiendra dans trois pays coorganisateurs : l’Ouganda, le Kenya et la Tanzanie, avec 18 équipes en lice.
À l’approche de cet événement, Naby Laye Boudou, ancien international guinéen du Syli Local, ayant participé brillamment à l’édition 2021 au Cameroun (demi-finaliste), a accordé une interview à avenirguinee.org. L’ancien capitaine a partagé ses réflexions sur l’enjeu du tournoi, les attentes autour de l’équipe actuelle, et l’importance du soutien des autorités.
Dès ses premières déclarations, Boudou a exprimé tout son soutien à la nouvelle génération :« Mes prières accompagnent cette équipe locale, cette autre nouvelle génération. Ce que nous avons réalisé en 2021 au Cameroun, aller jusqu’en demi-finale, j’espère qu’ils iront au-delà. La Guinée mérite un titre. Nous avons toujours participé aux compétitions, sans jamais soulever de trophée majeur. Même nos artistes chantent sur les quarts de finale… Il faut qu’on rêve plus grand, c’est pourquoi je prie pour qu’ils triomphent. »
L’ex-capitaine du Syli Local a ensuite adressé un message direct aux joueurs, en insistant sur l’importance de la discipline tactique : « Ce sont souvent les propos de Kanfory Lappé : les joueurs guinéens ont du talent, ils savent jouer. Mais ce qui les fatigue, c’est le schéma. Ils ont du mal à le respecter. On leur dit de jouer jusqu’à tel niveau, mais ils dépassent toujours ce qui est demandé. C’est ce qui nous conduit à l’échec, alors qu’on a toutes les qualités. »
Avec émotion, Boudou Camara a rappelé la portée symbolique du maillot national : « En allant jouer, ils doivent avoir en tête que c’est au nom de la patrie, pas pour un intérêt personnel. Défendre le drapeau, c’est une lourde tâche, même s’il n’y a rien derrière. Nous avons défendu ce tricolore sans rien obtenir, mais nous avons gagné la reconnaissance. Ils doivent se battre pour l’honneur de milliers de Guinéens. »
L’ancien défenseur insiste sur l’état d’esprit à adopter sur le terrain : « Le football, ce n’est pas sorcier, c’est 11 contre 11. Il ne faut jamais accepter d’être dominé. Si ton adversaire te surpasse physiquement ou tactiquement, il gagnera. Il faut de l’engagement, ne pas tomber tant que les Guinéens croient en vous. À notre époque, nous cotisions de notre propre poche pour faire des prières. Je partais à la mosquée en tant que capitaine. Ces pratiques font partie de notre réalité africaine, il ne faut pas les négliger. »
Enfin, Boudou s’est adressé directement aux dirigeants sportifs et au gouvernement guinéen, les appelant à assumer pleinement leur part de responsabilité : « Une personne que vous envoyez en mission doit être outillée. Sinon, elle ne réussira pas. Si nous avons atteint les demi-finales au Cameroun, ce n’est pas le fruit du hasard. C’est grâce aux efforts conjugués de tous. La Fédération guinéenne de football et l’État doivent fournir les moyens nécessaires à cette équipe. Ce sont eux qui ont été choisis pour représenter la Guinée, alors qu’on leur donne les moyens. Sinon, inutile d’espérer des résultats. J’espère que ce message sera bien entendu, tant chez les joueurs que chez les dirigeants. »
Alsény Savané – pour avenirguinee.org
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