Après une longue période de silence due à une maladie, Naby Laye Boudou, ancien défenseur du CI Kamsar, du Syli National Local et de l’ASFAG, a accordé une interview exclusive à avenirguinee.org ce samedi à Kindia. À cœur ouvert, Boudou a partagé son parcours difficile et ses ambitions de reprendre le football.
Un parcours semé d’embûches et une force inébranlable
« Je remercie le Tout Puissant Allah, le maître absolu des créatures, à qui nous rendons tous grâce, » a commencé Naby Laye Boudou, visiblement ému. « Aujourd’hui, j’ai enfin retrouvé ma santé. Je rends grâce à Dieu, celui qui m’a rendu malade et m’a aussi donné ma santé. »
L’ancien footballeur n’a pas manqué d’exprimer sa gratitude envers ceux qui l’ont soutenu : « Mes remerciements aux gens qui m’ont soutenu, accompagné pendant ces dures épreuves, parce qu’en réalité, c’est pendant les périodes difficiles qu’on reconnaît les personnes qui nous sont chères. Pendant cette épreuve de ma vie, beaucoup étaient derrière moi, comme mes collègues de l’armée, des clubs du championnat guinéen, même ceux avec qui nous n’avons pas appartenu au même club. Ils m’ont tous envoyé des messages, émis des appels pour me témoigner leur soutien, d’autres m’ont accompagné financièrement. »
Le calvaire de la maladie : un témoignage poignant
Naby Laye Boudou a ensuite détaillé les débuts de sa maladie. « Aujourd’hui, je suis sur pied et je rends grâce à Allah, aux personnes de bonne volonté pour leur soutien. Ça fait trois mois que je suis sorti de l’hôpital, j’ai bel et bien retrouvé ma santé. Naby Boudou se porte bien. »
Il a précisé que sa maladie a débuté par des maux de dents alors qu’il quittait Kamsar pour Conakry. « Quand ma voiture est tombée en panne en route, j’en ai profité pour faire une visite à l’hôpital tout près. Mais, arrivé à Dubréka, il a fallu que je confie ma voiture à quelqu’un vu mon état, car je ne pouvais plus conduire avec la fraîcheur qui me faisait très mal. Quand je suis arrivé à la maison, pensant que ça allait passer vite, on a même trouvé quelqu’un vers 22h pour un traitement traditionnel. C’est ainsi qu’on a appris des voisins que c’est une maladie ‘d’Homme’ provoquée souvent par le vent de ‘Sogoré’, » a-t-il expliqué avec beaucoup d’émotion.
L’état de Naby Laye Boudou s’est rapidement détérioré. « Vers 23h jusqu’à minuit, ma tête et ma bouche étaient enflammées. Je n’arrivais pas du tout à me retrouver. Les voisins nous ont dit d’aller à ‘MORBOYA’, c’est là-bas qu’on traite la maladie. Nous sommes allés à Morboya, effectivement. Mais, je voudrais dire au passage que Dieu nous donne une bonne épouse. Ma deuxième épouse n’était pas à mes côtés, elle est venue me chercher pour m’envoyer à Tanènè, dans Khaligoro, vers 1h. Arrivé là-bas, c’est dès les premiers soins que j’ai réussi à m’endormir. Grâce aux traitements traditionnels, cela m’a permis de retrouver mon état physique, mais il fallait qu’on aille à l’hôpital. J’avais un souci à la gorge qui m’empêchait de manger. C’est de l’hôpital que beaucoup ont appris que Naby Laye Boudou était malade. Sinon, c’est à Tanènè que j’ai passé assez de temps avec la maladie. »
Une résurrection et un hommage à Kanfory Lappé Bangoura
À l’hôpital, la situation était critique. « Arrivé à l’hôpital, j’étais faible, je n’arrivais pas à m’arrêter, il a fallu qu’on trouve un fauteuil roulant. Aujourd’hui, Dieu est grand, je remercie le Créateur. Cette épreuve, d’une part, ça a été une déception, il faut le dire, mais d’autre part, une satisfaction. Et, dans cette vie, lorsqu’on tombe malade, nous saurons réellement qui nous aime, et qui ne nous aime pas. »
Naby Laye Boudou a tenu à exprimer sa gratitude envers une personne en particulier : « Aujourd’hui, je vais prier pour Kanfory Lappé Bangoura, il m’a aidé dans cette maladie. Je ne voudrais pas citer quelqu’un, mais cette fois-ci, je vais citer cet homme. Je suis allé vers certains dirigeants, à travers ma femme, pour solliciter leur aide sans suite. Mais, je n’en veux à personne, ce qui m’est bien arrivé, c’est vraiment la volonté divine qui est aussi inévitable. »
Les ambitions d’un guerrier : un retour au sommet avec l’ASFAG
Malgré cette épreuve, l’amour de Naby Laye Boudou pour le football reste intact. « Le football, je suis toujours dedans. Il y a de cela trois mois que je suis sorti de l’hôpital. Il est prématuré d’aller aussitôt au charbon comme les autres, il faut du temps pour se réintégrer. Je travaille seul, dans mon quartier où je loge, il y a un terrain de foot, j’en profite avec certains clubs avant de changer d’air. »
Son objectif est clair : un retour aux sources. « J’ai décidé dès la fin de ce mois de commencer à l’ASFAG, c’est chez moi. La formation des militaires, c’est là-bas que tout a débuté pour moi. J’irai voir mon état de santé de ce côté, pour m’assurer s’il faut aller plus loin dans le travail collectif. »
Très confiant, l’ex-défenseur souhaite retrouver son meilleur niveau. « Le football, je l’ai aimé. Je n’ai pas d’autre métier que si ce n’est le football. C’est grâce au foot que j’ai pris la tenue, construit une maison, acheté une voiture et me suis fait connaître par des milliers de personnes. J’ai bel et bien l’envie de retrouver mon niveau que le public a aimé. Sur ce, je vais débuter à la maison (ASFAG), la suite, on verra avec l’aide du Tout Puissant Allah. Il n’y a rien de mal entre moi et l’ASFAG. C’est là-bas que j’ai commencé, ils m’ont propulsé vers le sommet du football guinéen, ce club est tout pour moi. Si je suis passé dans des clubs, voir aussi dans le Syli Local, c’est grâce à l’ASFAG. Après cette période très difficile pour moi, aussi pour ma famille, je ne trouve pas de mal à revenir vers ce club qui nous a tout donné. L’ASFAG reste et demeure ma maison. »
Naby Laye Boudou a conclu avec un message fort aux acteurs du football guinéen : « Je voudrais dire, aux dirigeants guinéens, aux supporters et à ceux qui m’ont connu de près ou de loin, qu’en ce moment mon ambition est de rejouer comme avant. Ce n’est pas parce que je suis sorti hors du pays que je n’en peux plus. Certains pensent qu’une fois hors du pays, vous n’avez plus le tonus pour tenir la concurrence, ils te traitent même de vieux, c’est une mauvaise lecture de la situation. J’en suis convaincu qu’à mon âge, je peux jouer encore. Le jour où je me rendrai compte que ce n’est plus possible, je raccrocherai les crampons moi-même. »

Depuis Kindia, Alsény Savané pour avenirguinee.org
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